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Alors que l’épidémie d’Ebola continue de sévir en République démocratique du Congo (RDC), deux des traitements expérimentaux testés par les chercheurs depuis plusieurs mois se sont révélés particulièrement efficaces, avec un taux de survie s’élevant à près de 90 % chez les patients récemment infectés.

« Ces progrès vont permettre de sauver des milliers de vies »

Utilisés durant l’épidémie massive d’Ebola ayant frappé la Sierra Leone, le Libéria et la Guinée entre 2013 et 2016, le ZMapp et le Remdesivir viennent d’être abandonnés au profit de deux anticorps monoclonaux se révélant d’une efficacité redoutable. Les essais de ces deux traitements prometteurs, qui avaient débuté en novembre 2018 au Congo, viennent d’être stoppés et toutes les unités de traitement du pays utiliseront désormais ces traitements. Selon Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut national de recherche biomédicale en RDC ayant supervisé les essais : « Désormais, Ebola ne pourra plus être considéré comme une maladie incurable. Les progrès récemment réalisés vont permettre de sauver des milliers de vies. »

Jusqu’à présent, l’un des principaux obstacles à la lutte contre la seconde plus grave épidémie d’Ebola jamais enregistrée (2800 cas enregistrés et plus de 1 800 morts) sévissant depuis un an en RDC, a été la réticence des personnes infectées à recevoir un traitement. Le fait que les chances de survie offertes par les précédents traitements soient extrêmement faibles n’a pas aidé : 70 % des malades sont morts en RDC, et de nombreuses personnes ont vu des membres de leur famille décéder dans un des centres de traitement du pays. D’après Muyembe : « 90 % des patients peuvent désormais s’y rendre et en sortir complètement guéris, ce qui va nous aider à gagner la confiance de la population. »

Une chute drastique du taux de mortalité

Alors que le taux de mortalité globale des personnes traitées avec ZMapp et Remdesivir était de 49 % et 53 %, celui-ci tombe à 29 % avec l’anticorps monoclonal REGN-EB3, contre 34 % pour le second, mAb114. Plus impressionnant encore, lorsque les personnes infectées se rendaient dans un centre de traitement dans les 4 jours suivant l’apparition des premiers symptômes, le taux de mortalité chutait respectivement à 11 % et 6 % avec ces deux traitements expérimentaux, qui agissent en neutralisant la capacité du virus à affecter d’autres cellules, contre 24 % pour les malades ayant été traités avec le ZMapp et 33 % pour ceux ayant reçu le Remdesivir.

Les essais cliniques ont été menés dans les villes de Beni, Katwa, Butembo et Mangina, et Anthony Fauci, directeur de l’Institut américain des maladies infectieuses et des allergies, a tenu à rendre hommage aux hommes et aux femmes « qui mettent quotidiennement leur vie en jeu afin de soigner des patients dans des conditions extrêmement difficiles ». Si mener des essais cliniques dans le cadre d’épidémies n’est jamais simple, l’obligation de porter des combinaisons de protection pour le personnel médical et d’isoler les malades d’Ebola a rendu leur mise en œuvre encore plus compliquée ces derniers mois en République démocratique du Congo.

Selon Jeremy Farrar, directeur de la fondation britannique Wellcome Trust : « Nous ne nous débarrasserons jamais complètement d’Ebola, mais grâce à ces nouveaux traitements, nous devrions être en mesure de limiter la propagation de la maladie. »

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