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Le continent africain est traversé par une immense fracture géologique qui pourrait le séparer en deux parties et créer un nouvel océan. Il s’agit du rift est-africain, une zone de déformation qui s’étend sur 3 500 kilomètres, depuis la mer Rouge jusqu’au Mozambique. Ce phénomène est lié aux mouvements des plaques tectoniques, qui façonnent la surface de la Terre depuis des millions d’années.

Qu’est-ce que le rift est-africain ?

Le rift est-africain est une déchirure d’échelle lithosphérique, c’est-à-dire qui affecte la couche solide de la Terre. Il résulte de l’écartement progressif de deux plaques continentales : la plaque nubienne, qui correspond à la partie la plus grande et la plus ancienne de l’Afrique, et la plaque somalienne, qui correspond à la Corne de l’Afrique et à une partie de l’Afrique de l’Est.

Selon la Geological Society of London, le rift est-africain se compose de deux branches principales : une branche orientale, qui traverse l’Éthiopie et le Kenya, et une branche occidentale, qui suit les grands lacs africains. Ces deux branches se rejoignent dans la région de l’Afar, en Éthiopie, où elles se connectent également à la plaque arabique, qui se détache elle aussi du continent africain.

Selon les informations de l’Observatoire de la Terre de la NASA, la partie la plus grande et la plus ancienne du continent, la plaque tectonique nubienne, « pousse » la plaque tectonique somalienne vers l’est le long de la gigantesque fissure de l’Afrique de l’Est. 

Le rift est-africain a commencé à se former il y a environ 35 millions d’années, sous l’influence de courants de chaleur provenant du manteau terrestre, la couche inférieure et plus chaude de la Terre. Ces courants ont provoqué l’extension et la fracturation de la croûte terrestre, ainsi que l’apparition de nombreux volcans et lacs le long du rift.

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Quelles sont les conséquences du rift est-africain ?

Le rift est-africain est une structure en extension active, qui montre actuellement des vitesses d’ouverture variables, de l’ordre de 2 à 4 centimètres par an. Cette ouverture entraîne une importante activité sismique et volcanique dans la région, qui peut avoir des conséquences dramatiques pour les populations locales.

Par exemple, en novembre 2005, un séisme de magnitude 7,9 a secoué le lac Tanganyika, situé sur la branche occidentale du rift. En janvier 2002, le volcan Nyiragongo, situé sur la même branche, a connu une éruption spectaculaire qui a détruit une partie de la ville de Goma, en République démocratique du Congo.

Le rift est-africain témoigne également du changement permanent de la forme des continents. Selon certains scientifiques, cette faille pourrait finir par détacher une partie de l’Afrique et former un nouvel océan. Selon les scénarios envisagés, ce nouveau morceau continental pourrait comprendre la Somalie, l’Érythrée, Djibouti et les régions orientales de l’Éthiopie, du Kenya, de la Tanzanie et du Mozambique. Ou bien seuls le Mozambique et l’est de la Tanzanie pourraient se séparer.

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— © Christoph Hormann / Wikimedia Commons

Mais il se peut aussi que le rift est-africain ne parvienne pas à scinder le continent africain. Selon Cynthia Ebinger, professeure de géologie à l’université Tulane de la Nouvelle-Orléans, les forces géologiques à l’origine de la faille pourraient être trop lentes pour séparer les plaques somalienne et nubienne. Selon une étude publiée en 2022 dans la revue GSA Today, le rift du Midcontinent, qui s’étend sur plus de 3 000 km à travers le haut Midwest de l’Amérique du Nord, est un exemple frappant d’un rift continental qui s’est arrêté.

Pour prévoir l’avenir du rift est-africain, il est essentiel d’étudier ses mécanismes. Selon les estimations des experts, la fissure entre l’Éthiopie et le Kenya pourrait se séparer d’ici un à cinq millions d’années et former une nouvelle plaque. “Ce que nous ne savons pas, c’est si ce rift continuera à son rythme actuel pour finir par diviser le continent africain et ouvrir un bassin océanique, comme la mer Rouge, puis peut-être quelque chose de beaucoup plus grand, comme une version plus petite de l’océan Atlantique”, a déclaré Ken Macdonald, scientifique à l’université de Californie à Santa Barbara.

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