Issues de l’analyse de coquillages provenant de l’Antarctique, ces nouvelles preuves démontrent que notre planète était déjà instable avant l’impact de l’astéroïde ayant précipité l’extinction des dinosaures.

Une activité volcanique intense

Menée par des chercheurs de l’université Northwestern, aux États-Unis, et publiée dans la revue Geology, cette étude a été la première à déterminer la structure isotopique du calcium des coquilles de palourdes et d’escargots fossilisées, remontant à l’extinction massive du Crétacé-Paléogène. Les scientifiques ont en effet découvert que la composition de leurs coquilles avait évolué en réponse à une forte acidification des océans, vraisemblablement provoquée par les quantités massives de dioxyde de carbone générées par l’activité volcanique intense des Trapps du Deccan, province magmatique de l’ouest de l’Inde.

La hausse des températures et du niveau des eaux découlant de cette période d’instabilité du cycle du carbone auraient largement contribué à affaiblir les dinosaures, des milliers d’années avant qu’un astéroïde massif, cause principale de leur disparition, ne frappe la Terre. Pour Benjamin Linzmeier, auteur principal de l’étude, les analyses réalisées suggèrent que « l’environnement terrestre avait commencé à changer bien avant l’impact de l’astéroïde », tandis qu’Andrew Jacobson, ayant également participé aux recherches, estime que la planète était « déjà sous pression » au moment du cataclysme.

« Mieux prédire ce qui pourrait se produire à l’avenir »

Prélevés sur l’île Seymour, en Antarctique, les fossiles étaient particulièrement bien conservés, et l’analyse de leurs coquilles, très sensibles au taux de dioxyde de carbone dissous dans l’eau, a révélé que l’essentiel des changements notables concernant leur composition étaient antérieurs à l’impact de l’astéroïde. « Nous avons pu mesurer avec une grande précision les variations des isotopes du calcium, s’apparentant à une empreinte digitale nous permettant de comprendre ce qu’il s’est passé. Et nous avons été stupéfaits de la rapidité avec laquelle ces changements se sont manifestés », précisent les auteurs de l’étude.

― Lucy Brown – loca4motion / Shutterstock.com

D’après les chercheurs, savoir comment la Terre a réagi au réchauffement climatique passé et à l’augmentation drastique des niveaux de CO2 pourrait nous aider à faire face aux changements climatiques actuels. « Dans une certaine mesure, nous supposons que les conséquences de l’acidification des océans survenue il y a des millions d’années sont similaires à celles induites par les émissions de dioxyde de carbone d’origine humaine. Peut-être pourrions-nous utiliser ces travaux comme outil pour mieux prédire ce qui pourrait se produire à l’avenir », estime Jacobson.

« Le système terrestre est sensible aux importantes et rapides augmentations des niveaux de CO2, et les émissions actuelles ont, et auront, de lourdes conséquences environnementales », conclut-il.

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athena
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athena

Et çà c’était des catastrophes naturelles. La destruction de la planète, à notre époque, est due à l’homme ! Honte aux dirigeants qui le nient, pour leurs propres intérêts, nous prenant pour des cons ! L’espèce humaine est le premier parasite et rêve d’aller tout démolir ailleurs, triste espèce !