Représentation artistique du K. antipollicatus. Le pouce opposé aurait pu être utilisé pour saisir de la nourriture, ainsi que pour s’accrocher et se suspendre aux arbres — © Chuang Zhao

Une équipe internationale de scientifiques a récemment annoncé la découverte d’une nouvelle espèce de ptérosaure pourvue de pouces opposables. Inédite chez ces créatures, cette structure leur aurait conféré d’importants avantages.

Le premier enregistrement d’un véritable pouce opposable

S’il est communément admis que les pouces opposables représentent une caractéristique clé nous distinguant de la plupart des autres espèces, des chercheurs ont récemment procédé à l’analyse fossile d’un ancien reptile volant de l’ère jurassique, ayant révélé que la petite créature présentait également une telle particularité. Selon l’équipe, il s’agirait d’une adaptation à un mode de vie arboricole, qui aurait permis à cette espèce de ptérosaure, surnommée « Monkeydactyl », d’occuper une niche écologique distincte et d’y prospérer, il y a 160 millions d’années.

Décrit dans la revue Current Biology, le fossile de Kinpengopterus antipollicatus a été mis au jour au sein de la formation Tiaojishan de Lianoning, en Chine, et analysé grâce à une technique d’imagerie connue sous le nom de microtomographie, afin que l’équipe internationale de chercheurs puisse mieux comprendre sa structure.

Ces images ont révélé une envergure d’aile de 85 centimètres environ et, de façon beaucoup plus étonnante, la présence de pouces opposés sur chacune de ses pattes antérieures, faisant à la fois de lui le plus ancien dinosaure et la plus ancienne créature connue ayant vécu sur Terre à présenter une telle spécificité.

Fossile de K. antipollicatus, découvert dans la formation de Tiaojishan en Chine. Il est conservé au musée des Ptérosaures de Beipiao, en Chine. — Zhou et col. / Current Biology

« Les doigts du ‘Monkeydactyl’ sont minuscules et partiellement enfoncés dans la dalle rocheuse », explique Fion Waisum Ma, chercheuse à l’université de Birmingham et co-auteure de l’étude. « Grâce au scanner micro-CT, nous avons pu voir à travers les roches, créer des modèles numériques et révéler comment le pouce opposé s’articulait avec les autres os des doigts. »

Une adaptation à un mode de vie arboricole

Ayant permis aux scientifiques d’étudier la morphologie et la musculature des membres antérieurs du Monkeydactyl, ainsi que d’autres ptérosaures du même écosystème, les scanners micro-CT ont suggéré que la main pouvait être utilisée pour la préhension. Pour les auteurs de l’étude, il s’agirait d’un cas de « répartition de niche » chez ce type de créatures, le Monkeydactyl ayant développé de tels pouces pour se déplacer plus efficacement dans les arbres et ainsi se distinguer des autres créatures de la région.

« La paléoforêt de Tiaojishan abrite de nombreux organismes, dont trois genres de ptérosaures darwinoptères », souligne Xuanyu Zhou, scientifique de l’Université des géosciences de Chine et auteur principal de l’étude. « Nos analyses montrent que K. antipollicatus a occupé une niche différente de Darwinopterus et Wukongopterus, ce qui a probablement minimisé la compétition entre ces ptérosaures. »

En décembre dernier, des chercheurs avaient décrit un probable ancêtre des ptérosaures, qui se serait également révélé être un excellent grimpeur.

COMMENTEZ

avatar
  S’abonner  
Notifier de