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Nous sommes nombreux à consommer régulièrement des sushis. Il s’agit de plats traditionnels japonais composés de riz vinaigré, combiné avec d’autres ingrédients. Le tout est souvent entouré d’une feuille d’algues. Celles-ci ne sont toutefois pas très digestes pour beaucoup. Mais, saviez-vous que les Japonais digèrent mieux ces algues et donc les sushis que nous ? Explications. 

En 2010, des chercheurs de la station biologique de Roscoff, en France, interrogés par Sciences et Avenir, ont découvert que la microflore intestinale des Japonais est parvenue à s’équiper afin de mieux digérer les algues qui entourent les sushis.

Mirjam Czjzek et ses collègues ont effectivement mis au jour une enzyme fabriquée par une bactérie marine. Celle-ci est capable de métaboliser un polysaccharide qui compose la paroi cellulaire des algues rouges Porphyra linearis et Porphyra leucosticta. Après une comparaison de l’ensemble des gènes des bactéries de la flore intestinale de l’homme, cette équipe a remarqué que les gènes sensibles à ces enzymes ont été transmis aux bactéries intestinales des Japonais, et non aux personnes d’origine nord-américaine.

Mais comment cela peut-il être possible ? “Les Japonais, les études alimentaires historiques le prouvent, sont de grands consommateurs d’algues depuis la nuit des temps, si je puis dire. Au cours de leur évolution, durant les 8.000 à 10.000 dernières années, ils ont probablement hérité de cette capacité à dégrader les fibres des algues par transfert latéral des gènes bactériens marins vers le génome des bactéries de la microflore intestinale”, explique Mirjam Czjzek.

Finalement, cela signifie que l’alimentation peut, à terme, “rendre possibles les transferts latéraux de gènes du bol alimentaire vers les bactéries commensales de l’Homme. Une possibilité qui prend tout son sens lorsqu’on parle des organismes OGM. Il existe un risque que la consommation régulière et prolongée dans le temps de ce type d’aliment puisse entraîner des transferts de gènes modifiés vers les bactéries commensales. Rien n’est certain mais nous avons prouvé qu’un tel transfert est possible”, conclut Mirjam Czjzek.

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