Vous rêvez d’être développeur de jeu vidéo ? Le grand turnover dans cette industrie va vite vous faire déchanter !

L’industrie du jeu vidéo fait rêver tous les geeks et nombreux sont ceux à avoir, un jour, souhaité intégrer la chaîne de production d’un jeu. Pourtant la vie n’est pas toute rose pour les développeurs qui voient régulièrement leurs emplois mis en danger par les entreprises pour lesquelles ils travaillent. Ces dernières renouvellent régulièrement et massivement leurs salariés, dans un but économique, sans prendre en compte les retombées néfastes sur l’ensemble de la profession.

Chaque année, de nombreux studios de création de jeux vidéo mettent la clef sous la porte et tous sont concernés par la possibilité de faire faillite. Parce qu’ils représentent une grosse partie du budget d’une entreprise, les employés sont traités sans ménagement et si en France ils sont protégés par le droit du travail, ce n’est pas toujours le cas dans d’autres pays.

Le fait est qu’une multitude de jeux déjà en développement ne seront jamais rachetés, commercialisés ou connaîtront un échec auprès du public risquant de détériorer la situation économique d’une entreprise. Pour se protéger financièrement, ces dernières cherchent à réduire des coûts en employant les développeurs le moins de temps possible. Les développeurs devant être présents durant tout le processus de création, il arrive qu’un employé soit engagé puis renvoyé et ensuite rappelé et ce, durant des mois.

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Le turnover, déjà important dans le monde du jeu vidéo, croît à mesure que la date de sortie d’un jeu se rapproche. Dans le but de respecter les deadlines et les dates de sorties des jeux, les sociétés recrutent abondamment quelques mois avant la fin du développement en promettant des emplois stables. Les derniers arrivés sont renvoyés du jour au lendemain une fois la tâche terminée et ils sont nombreux dans ce cas étant donné que chaque entreprise produit plusieurs jeux à la fois.

Certaines firmes prennent la tangente et font le choix de protéger leurs employés comme Nintendo qui, jusqu’à l’année dernière, refusait de licencier ses développeurs en cas de baisse de profits. L’ancien PDG de l’entreprise, Satoru Iwata, s’était positionné par rapport à l’habitude qu’a la concurrence de supprimer des postes : « Si on réduit le nombre d’employés pour obtenir de meilleurs résultats financiers à court terme, c’est le morale des employés qui chutera. Je doute sincèrement que des employés qui redoutent d’être virés soient aptes à développer des logiciels capables d’impressionner le monde entier. (…) Ils apportent une contribution précieuse dans leurs domaines respectifs et je crois profondément que mettre à pied un groupe d’employés ne renforcera pas Nintendo sur le long terme. » Si ces déclarations ont pu réjouir les employés de la firme japonaise, beaucoup sont tombés des nues en 2014 quand 320 d’entre eux ont été renvoyés de Nintendo en Europe.

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Si ce fonctionnement semble convenir à la bonne tenue d’une société, les employés, eux, sont constamment préoccupés par leur avenir professionnel et doivent s’adapter à la demande de main-d’oeuvre. Sans sécurité d’emploi, les développeurs traversent le pays pour remplir une mission en espérant voir leurs prochains contrats reconduits. Il s’agit, bien évidemment, d’une situation difficile pour ces hommes et ces femmes, qui plus est lorsqu’ils doivent imposer leur mode de vie forcé aux membres de leur famille.

Le manque de reconnaissance et de respect envers les travailleurs se traduit aussi par la manière qu’ont les entreprises de les renvoyer. Quand l’éditeur de jeu vidéo américain THQ annonce la mise à pied de ses employés par e-mail, Lucas Art les regroupe dans une pièce avant de leur annoncer sans ménagement : « ceux qui sont ici sont virés ». Sans préavis, les développeurs ne peuvent compter sur personne pour les aider à retrouver un travail. Dans l’idée de s’opposer aux pratiques d’une industrie lourde de plusieurs milliards de dollars, certains lancent l’idée d’un syndicat ou d’un système de contrat protégeant le travailleur. Une telle entreprise nécessiterait l’approbation des sociétés de production et malgré l’urgence de la situation, les chances qu’un tel projet arrive à terme sont faibles. Pour aider les personnes licenciées, des petites initiatives fleurissent, ici et là, comme ce site qui regroupe et énumère les informations sur les licenciements.

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Actuellement, l’industrie du jeu vidéo ne souffre pas de la situation de ses employés mais à long terme, elle pourrait ne pas s’en remettre. La pression subie par les développeurs est évidemment un frein, aussi bien à leur créativité qu’à leur productivité. Si la situation ne change pas, les talents du jeu vidéo délaisseront les grandes firmes pour de plus petites infrastructures qui n’ont rien à leur envier en matière de créativité. Un plus grand respect des créateurs, de leur travail et du joueur, n’est-ce pas là, pour vous, un gage de qualité ?


Le tetanos qui a pourtant quasiment disparu des pays riches, tue encore 584 personnes par jour, soit 213 000 décès par an dans le monde.

— @DailyGeekShow