Le déterrage de blaireaux, cette pratique barbare qui reste autorisée par l’État français

Dans nos campagnes, le blaireau est sans que nous le sachions victime d’une chasse abusive. Cet animal est traqué via une méthode barbare et qui n’est même pas nécessaire à la régularisation de la population. Un comportement contre lequel une association a décidé de lutter car le blaireau est menacé. 

EN QUOI CONSISTE LE DÉTERRAGE DES BLAIREAUX ?

Similaire dans son approche à la chasse à courre, le déterrage consiste à traquer et à isoler les animaux dans leur terrier avant de détruire ce dernier et de tuer l’animal en question. Dans le cas des blaireaux, les chasseurs font d’abord appel à des chiens pour repérer leurs terriers. Ils identifient dans quelle galerie se trouve l’animal puis détruisent le reste de celui-ci à coup de pioche ou de pelle.

Quand le blaireau est isolé, les chasseurs l’attrapent alors avec des pinces. Il faut parfois jusqu’à une demi-journée pour faire sortir le blaireau de son habitat, causant au passage des souffrances amplifiées avec le temps. Une fois la capture de l’animal faite, il peut être tué à l’arme blanche ou donné en pâture aux chiens, et ce que le blaireau soit adulte ou pas.

 

UNE PÉRIODE DE CHASSE PROLONGÉE POUR CET ANIMAL ?

Le blaireau fait partie de la famille des gibiers : il est donc soumis comme beaucoup d’autres animaux à une réglementation stricte quant à sa période de chasse. Souvent, les chasseurs peuvent le traquer de mi-septembre à janvier/mars en fonction des régions. Toutefois, le blaireau voit sa période de chasse prolongée car la « méthode » utilisée pour traquer l’animal est spécifique.

Dans certaines régions, il est encore possible aujourd’hui de chasser le blaireau, étendant à 8 mois la période légale de chasse de l’animal. L’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS) s’indigne de cette chasse prolongée d’autant que celle-ci ne permet pas de réguler la population de blaireaux et que l’animal n’est pas mangé. Pour Madline Reynaud, sa présidente :

« Cette période complémentaire de chasse est catastrophique, pour cette espèce au faible taux de reproduction. Elle est autorisée alors que les blaireautins sont vulnérables, en plein sevrage, et que leur dépendance au groupe social se prolongera jusqu’à l’été. C’est une pratique qui fait souffrir les animaux de manière inutile et qui ne représente pas l’évolution de la société ».

UN ANIMAL NÉCESSAIRE A LA BIODIVERSITÉ

Protégé dans 8 pays européens (l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, le Danemark, la Grèce, l’Espagne et le Portugal), le blaireau est un animal qui joue un rôle dans le maintien des écosystèmes et de la biodiversité. Les galeries qu’il creuse afin de créer son terrier permettent d’aérer les sols et ses excréments permettent de disperser des graines, favorisant ainsi le développement des plantes.

Malgré son statut protégé dans une grande majorité de l’Europe, le blaireau ne l’est pas en France. La chasse parfois abusive de cet animal fait qu’il disparaît progressivement de nos campagnes. Face à ce comportement, l’ASPAS a choisi d’agir en lançant une campagne de sensibilisation. Celle-ci permet à la fois d’informer le public sur le déterrage mais aussi de faire pression afin qu’une nouvelle législation soit mise en place pour protéger l’animal.


La pensée est plus qu’un droit, c’est le souffle même de l’homme.

— Victor Hugo