Un chercheur prélève un échantillon de microbes sur le « Portrait d’un homme à la craie rouge » de Léonard de Vinci — © Pinar et al. / Frontiers in Microbiology 2020

Au fil des années, des analyses minutieuses des œuvres de Léonard de Vinci, considéré comme l’un des plus grands génies de l’Histoire, ont révélé des détails et informations invisibles à l’œil nu. Récemment, de nouveaux travaux en ont mis d’autres en évidence, liés aux bactéries et aux champignons.

Sept dessins emblématiques du maître italien analysés

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Frontiers in Microbiology, une équipe de chercheurs italiens et autrichiens s’est penchée sur sept des dessins les plus célèbres de Léonard de Vinci. Si des recherches avaient précédemment permis de mettre en évidence une esquisse cachée sous la Joconde, les scientifiques ont ici procédé à une analyse du microbiote (caractérisant un ensemble de microorganismes partageant le même habitat) des œuvres du maître italien.

L’étude des différents dessins, conservés à la Bibliothèque royale de Turin et à la Bibliothèque corse de Rome, a mis en évidence un microbiote distinctif pour chacun d’entre eux. Ce qui pourrait aider les chercheurs à déterminer les lieux où les œuvres ont été réalisées, ainsi que ceux par lesquels elles ont transité (entrepôts, ateliers de restaurateurs ou marchands d’art), et se révélerait également très utile afin d’identifier de possibles contrefaçons.

Pour retracer l’historique des œuvres, les chercheurs se sont appuyés sur un outil appelé Nanopore, une méthode de séquençage permettant de décomposer et d’analyser rapidement le matériel génétique présent sur un support afin d’en déduire sa composition microbiotique. Précédemment, cette approche avait notamment permis de déterminer les conditions de stockage de différentes statues retrouvées chez des trafiquants d’œuvres d’art.

« Uomo della Bitta » de Léonard de Vinci — © Pinar et al. / Frontiers in Microbiology 2020

Retracer l’historique des œuvres d’art grâce à leur microbiote

Dans le cas des dessins de De Vinci, la plus grande partie de l’ADN humain identifié proviendrait de personnes chargées de la conservation et de la restauration des travaux de l’artiste dès la fin du XVe siècle. L’analyse des microbiotes a également permis de confirmer que l’ensemble des dessins étaient des originaux.

Contrairement à la plupart des analyses antérieures, les chercheurs ont constaté une concentration beaucoup plus élevée de bactéries (provenant vraisemblablement des nombreux humains qui ont été amenés à les manipuler et d’insectes) par rapport aux champignons, ce qui aurait probablement un rapport avec la façon dont les œuvres ont été conservées après la mort de Léonard de Vinci.

« Dans l’ensemble, les insectes, restaurateurs et endroits où les œuvres ont été stockées semblent tous avoir laissé une trace invisible à l’œil nu sur ces dessins », ont déclaré les auteurs de l’étude dans un communiqué. « Mais il est difficile de dire si l’un de ces contaminants provient de l’époque où Léonard de Vinci esquissait ces dessins. »

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