Des chercheurs viennent de faire une découverte qui pourrait réécrire l’histoire des Maya

Des chercheurs ont publié une étude sur l’une des découvertes les plus fascinantes et mystérieuses de ces dernières années sur le peuple maya. Un pendentif de jade a été trouvé sur le site de Nim Li Punit, alors que des archéologues creusaient dans un ancien palais construit autour de l’an 400. Zoom sur une trouvaille qui pourrait réécrire notre compréhension actuelle de l’histoire de la civilisation maya.

Une découverte inhabituelle et surprenante

Cet artefact entièrement fait de jade en forme de T était porté par un roi durant les cérémonies religieuses mayas. Ses dimensions le propulsent à la deuxième position parmi les plus grands objets de jade maya jamais trouvé au Belize, en Amérique Centrale. Il mesure 19 cm de largeur, 10 cm de hauteur et 0,8 cm d’épaisseur. Il s’agit de la première fois que des chercheurs découvrent une telle relique, avec des inscriptions en hiéroglyphes, comme ils l’expliquent dans leur étude.

Le lieu de sa découverte

Encore plus étonnant, ce pendentif a été retrouvé à Nim Li Punit, une région dans le sud du Belize qui était isolée à l’époque. Pour le chercheur principal de cette expédition, Geoffrey Braswell, de l’Université de Californie à San Diego, cette trouvaille était totalement inattendue car « c’était comme trouver le diamant Hope à Peoria au lieu de New York ».

Nim Li Punit est un site maya du sud du Belize. En langue maya actuelle, il signifie « le grand chapeau ». Ce site est situé près de la ville de Indian Creek, et à plus de 402 km au sud de Chichen Itza au Mexique. D’après les chercheurs, ce village a été habité par la civilisation maya entre 150 et 850, et de nombreux vestiges ont été trouvés depuis que le site a été découvert dans les années 1970. En ce qui concerne le pendentif, il a été trouvé dans les restes d’un palais construit autour de l’an 400 et était enterré dans une tombe qui s’était effondrée.

Quel était l’usage de ce pendentif ?

Porté par les rois lors de cérémonies religieuses, ce pendentif était un signe de respect envers les dieux. La forme en T de l’artefact correspond à la glyphe maya « ik », ce qui signifie « vent et souffle ». Le pendentif était donc porté pendant les rituels, servant à implorer la clémence du dieu le plus important : Huracan, le dieu du vent. Le vent était un élément vital pour les Mayas, car il amenait les pluies annuelles de la mousson, faisant vivre les récoltes.

Quelles sont les hypothèses émises par les chercheurs ?

Aux alentours de l’an 800, les différents royaumes mayas s’effondraient, notamment à travers le Belize et le Guatemala. Seulement une génération après que le pendentif ait été enterré, le village dans lequel il a été retrouvé avait été abandonné. Autre fait curieux, ce genre d’artefacts étaient enterrés avec les rois qui les portaient. Or, mis à part quelques dents, aucun reste humain n’a été retrouvé à proximité de ce pendentif, signifiant qu’il a été placé à cet endroit pour une autre raison.

D’après Geoffrey Braswell, la disparition des villages mayas auraient pour cause les changements climatiques qui rendaient inhabitable leur environnement : « Une théorie récente est que le changement climatique a provoqué des sécheresses qui ont conduit à l’échec généralisé de l’agriculture et de l’effondrement de la civilisation maya ». Selon lui, les Mayas ont enterré le pendentif dans le but de prier Huracan, afin que celui-ci soit clément et améliore les conditions météorologiques.

Décrypter les hiéroglyphes, une tâche délicate et complexe

Par ailleurs, une question persiste : quelle est la signification des hiéroglyphes sur le pendentif ? Car jusqu’à cette découverte, nous n’avions jamais retrouvé d’artefact maya disposant de 30 mystérieuses inscriptions à son dos. Les experts tentent actuellement de traduire le message, mais la tâche est compliquée, car nous n’avons pas une pleine connaissance de leur langue. Par contre, les chercheurs ont d’ores et déjà quelques pistes.

En effet, le pendentif aurait appartenu au roi Janaab ‘Ohl K’inich et a été utilisé pour la première fois en 672 dans le cadre d’une cérémonie. Le texte décrit également les rites d’adhésion du roi dans les années 647 et se termine par un passage qui relie le roi à la ville maya puissante et immense de Caracol, qui est situé à 300 km au nord-est de Nim Li Punit. Les chercheurs ne pensaient pas trouver de connexions politiques entre ces deux sites, qui sont notamment séparés par une chaîne de montagnes.

Pour Braswell, ce pendentif marque l’arrivée de la monarchie et d’une nouvelle dynastie à Nim Li Punit. C’est à cette même période que les hiéroglyphes et des images de la royauté ont fait leur apparition dans cette région. Nous espérons désormais que la traduction complète du pendentif permettra de certifier ces hypothèses fascinantes.


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