467 millions d’hectares de forêts viennent d’être découverts

A l’heure de Google Earth, on pourrait penser que chaque recoin de notre belle planète est actuellement connu des satellites. Pourtant des chercheurs viennent de faire une découverte inattendue, 467 millions d’hectares de forêts ont été retrouvés dans des zones arides ! En terme de surface, c’est comme si nous avons ignoré l’existence de la forêt amazonienne pendant toutes ces années, preuve que la Terre a encore bien des secrets à révéler !

 

La découverte de 467 millions d’hectares de forêts

C’est à l’équipe de Jean-François Bastin, chercheur en écologie forestière pour la FAO et l’Université libre de Bruxelles (ULB) que nous devons la découverte de ces millions d’hectares de forêts. Alors qu’ils travaillaient au recensement des forêts situés dans les zones arides, les chercheurs se sont aperçus que 467 millions d’hectares avaient échappé à la communauté scientifique.

Aujourd’hui, 1079 millions d’hectares de forêts recouvrent les zones sèches. D’après le communiqué de l’ULB , les 467 millions d’hectares nouvellement découverts représentent une augmentation d’environ 10 % de la surface forestière mondiale ! Jean-François Bastin précise que l’expansion est particulièrement importante en Afrique « où les chiffres sont doublés ».

 

 

Des forêts difficilement repérables

« C’est surprenant de mettre en évidence aujourd’hui des superficies de forêt non rapportées précédemment pour une surface équivalente à la forêts amazonienne » explique Jean- François Bastin. Mais alors, comment ces millions d’hectares de forêts ont-ils pu être ignorés si longtemps ?

Le problème viendrait de la qualité variable des satellites en matière de détection. En effet, les images satellites manquent de précision pour détecter certaines forêts dans les zones arides. Comme l’explique le chercheur, les baobabs du Sénégal perdent leurs feuilles quand vient la saison sèche, ils deviennent ainsi difficilement détectables par satellite. Or, les forêts en zones arides sont majoritairement composées d’acacias et de baobabs…

 

La mise en place d’un nouveau dispositif par satellite

Grâce au soutien de Google et de la FAO, l’équipe de Jean-François Bastin a pu améliorer ses observations et analyses des images satellites. Google a mis à disposition des données sur lesquelles les scientifiques ont pu expérimenter la nouvelle technique de photo-interprétation de la FAO. Enfin, l’expertise des opérateurs locaux a permis d’ancrer l’étude dans les territoires.

 

L’importance de mieux comprendre les forêts en zones arides

Aujourd’hui, la surface de la Terre est composée à 41,5 % de zones arides, cette superficie déjà très importante pourrait encore augmenter puisque d’après le GIEC (Intergouvernmental Panel on Climate Change), elles pourraient s’étendre sur plus de 50 % de la surface terrestre hors océans, d’ici à 2100.

Malgré les millions d’hectares qu’elles recouvrent, ces zones sèches sont encore mal connues des scientifiques. Pourtant, les forêts qui les composent conservent la faune et la flore de la désertification. De manière générale, les forêts sont indispensables pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, responsables de la hausse des températures.

Les arbres absorbent le dioxyde de carbone et fournissent le monde en oxygène, à l’instar de la forêt amazonienne communément appelée « poumon de la Terre ». Avec la découverte de ces nouvelles surfaces boisées, il devient possible de prendre en compte le potentiel des zones arides dans le bilan carbone de la planète et ainsi, penser la lutte contre le réchauffement climatique de manière plus pertinente, explique Jean-François Bastin.

Crédit : Own Work, Wikimedia Commons

Accompagnez-nous sur les réseaux sociaux