Akram Zamani et son équipe © University of Borås

L’industrie textile est l’un des secteurs d’activité les plus polluants au monde. C’est pour cette raison que les industriels, les chercheurs et autres scientifiques essaient de trouver des alternatives plus durables aux matériaux traditionnels. L’une des dernières innovations dans ce domaine étant l’usage de champignons pour transformer les déchets alimentaires en cuir.

Un cuir biosourcé beaucoup plus rapide à produire

L’industrie de la mode et du textile fait indéniablement partie des secteurs d’activité les plus polluants au monde, notamment à cause des différentes matières premières nécessaires dans ces domaines. Qu’il s’agisse de coton, de cuir, d’imitation cuir ou de papier, de nombreux matériaux utilisés pour les textiles et autres matériaux de l’industrie de la mode causent des problèmes environnementaux importants. En effet, la culture et la transformation du coton, ainsi que la production de papier consomment de grandes quantités d’eau. Et les animaux doivent mourir pour fournir du cuir.

De plus, la production de ces différents matériaux fait usage de produits pétrochimiques, provenant de la même industrie que les combustibles fossiles. En termes de chiffre, l’industrie de la mode représente environ 10 % des émissions carbone de l’humanité. Face à ce constat, il est essentiel de trouver des alternatives aux matériaux classiques et certains scientifiques font preuve de beaucoup d’inventivité dans ce domaine. C’est notamment le cas d’une équipe de chercheurs de l’université de Boras, en Suède, qui a eu l’idée de produire du faux cuir durable obtenu à partir de champignons nourris avec des déchets alimentaires.

Plus précisément, Akram Zamani, chercheuse principale du projet, a expliqué dans la vidéo ci-dessus que les champignons nécessaires pour la fabrication de leur cuir fongique seront nourris avec du pain rassis. Notons qu’il existe déjà d’autres matériaux biosourcés disponibles sur le marché. Mais les chercheurs affirment que leur produit se distingue des autres, car le temps de production est beaucoup moins lent, mais aussi parce qu’il s’agit d’un matériau qui ne sera produit qu’avec des ressources biologiques. Par ailleurs, les scientifiques ont également expliqué que leur méthode permettra non seulement de produire du faux cuir, mais également du papier et du substitut de coton.

© Akram Zamani / University of Borås

Des premiers prototypes très prometteurs

Dans les détails, les chercheurs ont utilisé des spores d’un champignon appelé Rhizopus delemar. On peut couramment trouver ce champignon dans les aliments en décomposition. Le champignon est nourri avec du pain invendu des supermarchés. Le pain a été séché et broyé en chapelure, puis mélangé avec de l’eau. Au fur et à mesure que les champignons ont été nourris avec le pain, ils ont produit des fibres naturelles microscopiques qui s’accumulent dans leurs parois cellulaires. Après deux jours, les scientifiques ont collecté les cellules et éliminé les lipides, les protéines et d’autres sous-produits qui pourraient être utilisés dans l’industrie alimentaire.

Le résidu gélatineux restant, constitué des parois cellulaires fibreuses, est transformé en fil qui peut aussi être utilisé dans l’industrie de la mode. Enfin, la suspension de cellules fongiques purifiée est étalée et séchée pour en faire un matériau ressemblant à du cuir ou à du papier. Pour l’instant, ce cuir fongique est encore au stade de développement, mais les chercheurs ont déclaré que les prototypes ont déjà montré des résultats très prometteurs. « Nos tests récents montrent que le cuir fongique a des propriétés mécaniques tout à fait comparables au cuir véritable », a déclaré Zamani, selon un rapport de Mail Online.

S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments