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Si la Terre porte encore les stigmates de l’impact monstrueux ayant annihilé les dinosaures, ainsi que les trois quarts de la vie, une nouvelle étude suggère que l’astéroïde tueur de Chicxulub n’était pas seul.

Le cratère Nadir

Mesurant 8,5 kilomètres de large, le cratère Nadir a été découvert au fond de l’Atlantique Nord, à environ 400 km de la côte de la Guinée (Afrique de l’Ouest). Enfouie sous environ 300 à 400 mètres de sédiments paléogènes, cette formation géologique a été identifiée par Uisdean Nicholson alors qu’il étudiait les données sismiques du plateau continental guinéen.

« Je n’avais jamais rien vu de tel », explique le chercheur. « Il présente plusieurs caractéristiques propres aux grands cratères d’impact. Nous avons également repéré ce qui ressemble à des éjectas à l’extérieur de celui-ci, avec des dépôts sédimentaires très chaotiques s’étendant sur des dizaines de kilomètres. »

L’étude des sédiments remués lors de l’impact suggère que le cratère Nadir s’est formé il y a environ 66 millions d’années, à la fin de la période du Crétacé, marquée par l’extinction des dinosaures. Afin de déterminer le type d’astéroïde et les conditions nécessaires pour former le cratère observé sous l’Atlantique Nord, les chercheurs ont utilisé des simulations informatiques avancées. Celles-ci ont suggéré que la roche mesurait environ 400 mètres de large et avait heurté une masse d’eau d’une profondeur comprise entre 490 et 790 mètres.

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Un évènement cataclysmique

« L’impact aurait généré un tsunami de plus de 915 mètres de haut, ainsi qu’un séisme d’une magnitude supérieure à 6,5 », explique Veronica Bray, co-auteure de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science Advances. « Bien qu’il soit beaucoup plus petit que l’astéroïde de Chicxulub [ayant frappé la péninsule du Yucatan] Nadir aurait contribué de manière significative à cet évènement d’extinction majeur. »

Bien entendu, dater avec précision ces deux impacts, qui ont pu se produire à des milliers, voire des millions d’années d’intervalle, représente un véritable défi. L’équipe prévoit prochainement de forer le fond marin afin d’obtenir des échantillons de roches et de sédiments.

Selon Nicholson, une telle découverte pourrait profondément bouleverser notre compréhension de l’extinction du Crétacé. « Au lieu d’un seul astéroïde géant, elle pourrait indiquer que la Terre a été atteinte par un flux d’astéroïdes massifs ou que le corps parent s’est brisé en plusieurs morceaux avant l’impact », conclut le chercheur.

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