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Ce crâne de 145 000 ans constituerait le plus ancien témoignage de violence chez Homo sapiens

Le quotidien des humains modernes hors d’Afrique n’était vraisemblablement pas de tout repos

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Image d’illustration — BrkoPhotography / Shutterstock.com

En étudiant les restes de l’un des premiers humains à avoir quitté l’Afrique, des archéologues israéliens ont mis en évidence une grave lésion, illustrant le rude quotidien de nos ancêtres préhistoriques.

Qafzeh 25 révèle ses secrets

Mis au jour en 1979 dans la grotte de Qafzeh, en Israël, le crâne appartenait à l’un des 27 individus qui auraient été délibérément enterrés près de son entrée il y a entre 92 000 et 145 000 ans. L’utilisation de la microtomographie à haute résolution a révélé une profonde entaille au niveau de la partie gauche du visage, touchant à la fois la mandibule et l’une des prémolaires inférieures.

Compte tenu de l’emplacement et de la forme de la lésion, les chercheurs supposent un acte de violence interpersonnelle impliquant un objet tranchant plutôt qu’un accident, ce qui ferait techniquement de ce traumatisme le plus ancien exemple connu de ce type jamais documenté chez Homo sapiens. Selon les chercheurs, jusqu’à présent, le seul cas préhistorique comparable était une blessure aux côtes chez un Néandertalien vivant dans la grotte irakienne de Shanidar il y a 40 000 ans environ.

Heureusement pour Qafzeh 25, des signes de cicatrisation osseuse indiquent que le coup n’a pas été fatal. Le fait qu’il n’ait pas atteint la chambre pulpaire de la dent endommagée a probablement évité à cet individu, qui aurait possiblement été pris en charge par sa communauté, une infection mortelle.

Comme les autres squelettes de la grotte israélienne, sa santé bucco-dentaire était très loin d’être satisfaisante. Documentées sur 40 % environ de leurs dents, des lésions carieuses suggèrent que le régime alimentaire, l’environnement ou la génétique de la communauté de Qafzeh aient contribué à leur développement.

Inhumations délibérées

L’examen taphonomique du crâne de Qafzeh 25 n’a de son côté pas révélé des signes d’exposition aux intempéries ou de charognage par des carnivores. De telles observations renforcent l’idée d’un enterrement intervenu très peu de temps après son décès, appuyant par extension l’hypothèse d’inhumations délibérées et de la nature essentiellement funéraire du site.

« Ces découvertes contribuent à alimenter le débat sur les origines de comportements complexes tels que la violence interpersonnelle, les soins prodigués aux individus blessés ou malades, et les pratiques funéraires », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Scientific Reports. « Autant d’aspects fondamentaux pour comprendre l’évolution sociale et culturelle de notre espèce. »

Précédemment, une étude avait révélé que l’enfant dela plus ancienne sépulture connue était un hybride néandertalien-Homo sapiens.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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