Développé par la société allemande BioNTech, ce vaccin expérimental contre le coronavirus a montré des résultats particulièrement encourageants lors d’essais cliniques, avec une réponse immunitaire supérieure à celle des sujets s’étant remis naturellement du Covid-19.

Une forte réponse immunitaire

Dans le cadre d’une étude clinique menée en collaboration avec le groupe pharmaceutique Pfizer aux États-Unis, 24 sujets âgés de 18 à 55 ans ayant reçu deux doses de ce vaccin expérimental germano-américain ont présenté un taux d’anticorps « significativement élevé » dans les quatre semaines suivant leur première injection. Au total, 45 personnes ont participé à l’étude, certaines recevant des placebos et d’autres des doses plus élevées du vaccin. Sur la base des résultats initiaux de l’essai, BioNTech et Pfizer prévoient un essai de plus grande envergure dans les semaines à venir, impliquant cette fois 30 000 participants.

Première entreprise européenne à publier les résultats d’essais cliniques pour un vaccin contre le coronavirus, BioNTech s’appuie, à l’instar de nombreuses sociétés pharmaceutiques, sur la technologie de l’ARN messager (ARNm) pour développer un vaccin. Un processus plus rapide que les méthodes traditionnelles. Plutôt que d’utiliser des agents pathogènes pour induire une réponse immunitaire, les vaccins à ARNm utilisent un matériel génétique modifié pour que les cellules produisent des protéines qui combattent la maladie.

Les dirigeants de BioNTech ont expliqué chercher à provoquer une réponse immunitaire suffisamment forte afin de réduire la probabilité que les sujets vaccinés propagent la maladie ou la contractent à nouveau. L’entreprise de Mayence, qui s’est également associée à l’entreprise chinoise Fosun, teste actuellement quatre variantes de sa technologie de vaccin et mène un autre essai clinique en Allemagne depuis le mois d’avril. La société prévoit d’entamer une troisième étude en Asie dans les semaines à venir.

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« Nous pensons que la dose pourrait être inférieure à 30 microgrammes, si elle est étayée par des données suffisantes »

Dans le cadre de l’essai américain, les sujets ont reçu deux doses de 10 ou 30 microgrammes chacune, à trois semaines d’intervalle, et ont développé le plus haut niveau d’immunité potentielle sept jours après l’injection de rappel. En moyenne, les participants s’étant vus injecter des doses de 10 microgrammes produisaient 1,8 fois plus d’anticorps neutralisants que les personnes s’étant remises naturellement du Covid-19, tandis que les participants ayant reçu des doses de 30 microgrammes présentaient une réponse immunitaire 2,8 fois supérieure.

Toutefois, il s’avère que 75 % des personnes ayant reçu une seconde dose plus importante de 30 microgrammes ont développé une fièvre de 38 °C ou plus. Certains participants ont également ressenti une douleur temporaire « légère à modérée » au niveau de la zone d’injection. « Nous pensons que la dose pourrait être inférieure à 30 microgrammes, si elle est étayée par des données suffisantes », a expliqué Ugur Sahin, dirigeant de BioNTech, précisant que des doses de 10 et 20 microgrammes étaient actuellement testées afin de réduire les effets secondaires indésirables.

Si tout se passe bien, BioNTech et Pfizer prévoient de pouvoir fabriquer jusqu’à 100 millions de doses du vaccin d’ici la fin de l’année, et plus de 1,2 milliard de doses d’ici fin 2021.

— Gorodenkoff / Shutterstock.com

L’un des 17 groupes pharmaceutiques à avoir procédé à l’évaluation clinique d’un vaccin contre le Covid-19

Selon l’Organisation mondiale de la santé, BioNTech est l’un des 17 groupes pharmaceutiques à avoir procédé à l’évaluation clinique d’un vaccin contre le Covid-19. Le mois dernier, sa compatriote CureVac, qui développe également un vaccin à base d’ARNm, a reçu 300 millions d’euros de financement du gouvernement allemand, après qu’il a été révélé que le gouvernement américain avait tenté d’obtenir un accord afin que celui-ci ne puisse être distribué qu’aux États-Unis.

En mai, l’entreprise américaine Moderna, travaillant également sur des vaccins à ARNm, avait dévoilé les premiers résultats de son essai clinique, ayant montré que les participants développaient des niveaux d’immunité similaires à ceux des patients ayant récupéré du coronavirus, avec seulement des effets secondaires mineurs.

Plus récemment, la société pharmaceutique britannique AstraZeneca, qui a obtenu des commandes du monde entier pour un total de 2 milliards de doses du vaccin qu’elle développe actuellement en partenariat avec l’université d’Oxford, a annoncé avoir démarré une nouvelle phase d’essais cliniques impliquant 10 000 volontaires.

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ehquionest

Ah le fameux vaccin à ARNm. Celui qui peut modifier notre ADN ? => https://siksik.org/ouf-bientot-un-vaccin-contre-le-covid-19/