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De récentes recherches ont montré que l’infection par le SARS-CoV-2, quelle que soit la gravité de la maladie, pouvait entraîner une inflammation et de petites hémorragies cérébrales, à même d’expliquer bon nombre des symptômes neurologiques signalés par les patients.

Des effets mis en évidence très tôt

Présentés dans la revue Nature Communications, ces travaux menés sur des primates non humains ont démarré au tout début de la pandémie. Rapidement, Tracey Fischer et ses collègues du Tulane National Primate Research Center avaient constaté que les infections par le coronavirus provoquaient des micro-hémorragies cérébrales, mais ces conclusions avaient été considérées avec scepticisme étant donné que de tels effets n’avaient pas encore été détectés chez des patients humains.

Fischer et son équipe ont passé une année supplémentaire à valider ces premiers résultats, alors que d’autres chercheurs commençaient à trouver des preuves de symptômes neurologiques similaires chez les humains. Les protocoles de recherche ont été affinés, permettant à l’équipe d’affirmer que les modifications cérébrales initialement détectées étaient directement liées à l’infection par le SARS-CoV-2.

Outre les petits saignements, les chercheurs ont découvert une inflammation cérébrale et des atteintes neuronales graves et étendues n’étant pas liées à la gravité de la maladie respiratoire, avec la mise en évidence de lésions neurologiques chez de nombreux animaux ne présentant que de légers symptômes.

Exemples de micro-hémorragies cérébrales — © Fischer et al. / Nature Communications 2022

Une réduction des niveaux d’oxygène dans le cerveau

Cette nouvelle étude apporte également des éléments précieux sur la question de savoir si l’impact neurologique du Covid-19 est dû aux effets plus larges de l’inflammation systémique ou à l’infection directe du cerveau par le virus. Bien que les chercheurs aient détecté des traces de SARS-CoV-2 dans plusieurs régions cérébrales, il semble plus probable que la majorité des dommages soient dus à une hypoxie intermittente et localisée.

« Cela a été observé chez tous les animaux infectés, quelle que soit la gravité de la maladie, ce qui suggère que la réduction des niveaux d’oxygène dans le cerveau pourrait être une complication courante de l’infection », estiment les auteurs de l’étude. « Même des diminutions mineures, mais durables, peuvent favoriser les lésions, en particulier parmi les neurones, qui semblaient les plus lourdement impactés dans cette étude. »

Les chercheurs notent toutefois que leurs résultats présentent certaines limites. Les animaux utilisés dans les études étant d’un âge relativement avancé, on ignore actuellement si les cerveaux âgés sont plus sensibles à ce type de dommages cérébrovasculaires, ni si les dommages neurologiques sont réversibles. Pour répondre à ces questions, des études de suivi à long terme seront nécessaires.

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