La Coupe du monde féminine est désormais terminée, se soldant par une victoire des États-Unis, sacrés pour la quatrième fois de leur histoire. Mais au-delà de l’aspect sportif, qui a cartonné en France et dans le monde, cet événement est aussi une victoire pour la minorité LGBTQ. Explications.

Une victoire au-delà du football

Dimanche, l’équipe américaine décrochait son quatrième titre. En France comme ailleurs, la visibilité a été deux fois plus importante qu’en 2015, année de la dernière édition Coupe du monde féminine. Et contrairement au milieu du football masculin, le coming out est une pratique qui se fait bien plus facilement et est bien plus répandue. Au sein de la sélection américaine, les joueuses lesbiennes ont par exemple affiché leur homosexualité avec fierté et fougue.

L’attaquante Megan Rapinoe a par exemple scandé un « Allez les homos ! » après avoir reçu le titre de meilleure joueuse et buteuse de la compétition. En taquinant, elle a continué en expliquant sous le ton de l’humour que « vous ne pouvez pas gagner de titre sans des homosexuelles dans votre équipe, ça n’a jamais été fait. C’est prouvé scientifiquement ! »

Globalement, cette édition de la Coupe du monde féminine est une victoire pour la reconnaissance des joueuses lesbiennes. Environ 40 ont été recensées dans la compétition. En effet, Rapinoe n’est pas la seule de l’équipe américaine à avoir déclaré ouvertement son homosexualité : l’entraineuse Jill Ellis, et cinq autres membres de l’équipe américaine l’on fait. Pour certaines, comme Ashlyn Harris et Ali Krieger, elles vont même bientôt se marier.

Une médiatisation qui pourrait ouvrir la voie à d’autres sports

Dans l’autre équipe finaliste, celle des Pays-Bas, il y avait également cinq homosexuelles dans l’effectif. Au total, selon le site Outsports, c’est une quarantaine de joueuses LGBTQ qui ont participé à cet événement. Pour Ryan Adams, président de la North American Gay Soccer Association, « elles ont montré aux autres personnes et athlètes qui n’ont pas fait leur coming out qu’on peut être soi-même et jouer avec les meilleurs. En termes de visibilité, c’est fantastique. »

Malheureusement, dans l’autre monde du football masculin, l’acceptation des orientations sexuelles est bien plus compliquée. La température se mesure très facilement à l’aide des réseaux sociaux, les chants dans les stades ou les réactions quand un joueur apparaît dans un magazine ouvertement homosexuel, comme Têtu. Antoine Griezmann, champion du monde avec l’équipe de France, était alors apparu en une afin de lutter contre l’homophobie dans le foot. Les clichés demeurent, pour les hommes et les femmes. Il y a toujours cette idée qu’on est « faible et moins masculin », comme le rapporte Ryan Adams. À titre de comparaison, aucun joueur professionnel ayant fait son coming out n’était présent à la Coupe du monde en Russie l’été dernier.

Plus que le foot, la visibilité des athlètes LGBTQ est cependant en forte hausse. On peut par exemple citer Matt Hatzke, un ancien joueur des Earthquakes de San Jose qui avait annoncé son homosexualité en 2015, après avoir pris sa retraite. Selon lui, de nombreuses personnalités n’osent pas afficher clairement leur orientation sexuelle. L’homophobie est encore très présente, comme nous pouvons le constater dans un rapport de Human Rights Watch. En Amérique, seulement 24 % des jeunes LGBT+ pratiquent une activité sportive à l’école, alors que la moyenne nationale est de 68 %.

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