corps sacrifice
Image d’illustration — Simol1407 / Shutterstock.com

Des archéologues danois ont mis au jour un squelette ancien et bien préservé, constituant potentiellement un vestige d’un sacrifice rituel pratiqué il y a plusieurs millénaires, dans une tourbière de l’est du pays.

Un probable sacrifice humain remontant à la fin du Néolithique

Alors qu’il fouillaient le site de futurs logements municipaux près de Copenhague, les chercheurs du ROMU (une organisation regroupant dix musées danois) ont rapidement repéré un fémur dépassant de la boue. En creusant davantage, Christian Dedenroth-Schou et ses collègues ont découvert la quasi-totalité des os des deux jambes, un bassin et une mâchoire, dont l’état de conservation suggérait fortement qu’il s’agissait d’un « corps des tourbières ».

Majoritairement masculines, ces dépouilles souvent plurimillénaires, dont plusieurs exemples ont été mis au jour à travers l’Europe du Nord au cours des dernières décennies, sont généralement caractérisées par un très bon état de conservation, lié à l’environnement acide et pauvre en oxygène des tourbières ayant raison des bactéries les plus coriaces.

Comme l’indique le Musée national du Danemark, « en raison des ressources précieuses qu’elles fournissaient aux anciens peuples d’Europe du Nord, les tourbières étaient considérées comme des passerelles entre le monde des hommes et celui des dieux ». Bien qu’aucune trace directe de sacrifice n’ait pu être mise en évidence, l’équipe pense que l’individu aurait été, à l’instar de l’homme de Tollund, la victime d’une cérémonie rituelle, qui serait intervenue il y a environ 5 000 ans.

Une hypothèse appuyée par la découverte d’une hache en silex datant du Néolithique, de fragments de céramiques ainsi que d’ossements d’animaux à proximité du squelette. « L’enterrement de personnes, d’animaux et d’objets dans les tourbières était une pratique rituelle répandue dans la région au cours de l’Antiquité », souligne l’archéologue Emil Winther Struve. « La hache n’a jamais servi, ce qui accrédite la théorie selon laquelle elle a été utilisée comme offrande plutôt que comme arme de crime. »

Des analyses plus approfondies prévues

Si les chercheurs ignorent le sexe, le lieu d’origine ainsi que la date précise du décès de l’individu, ils prévoient prochainement de procéder à l’analyse ADN des ossements, et de poursuivre leurs fouilles lorsque le sol du site, fraîchement drainé, dégèlera au printemps.

« Vous ne pouvez pas vous empêcher de vous demander si cette personne aurait été heureuse que sa dépouille soit retrouvée, ou si elle aurait préféré reposer en paix », souligne Dedenroth-Schou. « Après tout, nous ne savons pas grand-chose de leurs croyances. Peut-être sommes-nous en train de perturber une notion de l’au-delà. Mais dans le même temps, nous avons une tâche importante, celle de veiller à ce que les restes d’un individu ne soient pas simplement déterrés par une pelleteuse pour finir enfouis sous un gros monticule de terre. »

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