Dans le cadre d’un vaste programme visant à identifier les maladies infectieuses susceptibles d’être transmises par les animaux aux humains, des chercheurs du Smithsonian’s Global Health Program ont identifié six nouveaux types de coronavirus chez des chauves-souris du Myanmar.

De nouveaux types de coronavirus identifiés dans le cadre d’une vaste étude menée au Myanmar

Bien que ces six virus appartiennent à la même famille que le SRAS-CoV-2, qui se propage actuellement dans le monde entier, les chercheurs ont expliqué qu’ils n’étaient pas génétiquement proches de ce dernier ou des deux autres coronavirus responsables de graves infections chez l’Homme au cours des deux dernières décennies : le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) ayant causé une pandémie en 2002, et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (SRM).

Ces nouveaux coronavirus ont été découverts au Myanmar (anciennement Birmanie), au cours d’une étude sur les chauves-souris réalisée dans le cadre du programme PREDICT, financé par le gouvernement américain et visant à identifier les maladies infectieuses susceptibles d’être transmises à l’Homme par les animaux sauvages.

Entre 2016 et 2018, les chercheurs ont prélevé des centaines d’échantillons de salive et de guano sur 464 chauves-souris appartenant à plus de 11 espèces différentes. Les prélèvements en question ont été réalisés sur trois sites du pays où les humains sont en contact étroit avec la faune sauvage. « Deux des sites étudiés présentaient des systèmes de grottes populaires où la population se trouvait régulièrement exposée aux chauves-souris, via la récolte de guano, utilisé comme engrais, les rites religieux ou l’écotourisme », précisent les auteurs de l’étude, récemment publiée dans la revue PLOS ONE.

Les chercheurs estiment que le SRAS-CoV-2, à l’origine de la maladie Covid-19, serait d’abord apparu chez les chauves-souris avant d’être transmis à l’Homme, possiblement par un hôte intermédiaire.

« En apprendre davantage sur ces virus chez les animaux peut nous aider à réduire leur potentiel pandémique »

Les séquences génétiques des échantillons glanés ont ensuite été analysées puis comparées aux génomes des coronavirus connus. Les nouveaux virus ont été découverts chez trois espèces de chauves-souris : la chauve-souris jaune d’Asie (PREDICT-CoV-90), la chauve-souris à queue libre et aux lèvres ridées (PREDICT-CoV-47 et -82), ainsi que la chauve-souris à nez de feuille de Horsfield (PREDICT-CoV-92, -93 et -96).

Selon les scientifiques, des recherches complémentaires seront nécessaires afin d’estimer le potentiel de ces six coronavirus à se propager à d’autres espèces, ainsi que leur impact sur la santé humaine. « Bien que de nombreux coronavirus ne constituent pas nécessairement une menace pour l’Homme, pouvoir identifier ces virus à la source s’avère essentiel », estime Suzan Murray, co-auteure de l’étude et directrice du programme de santé mondiale du Smithsonian. « La surveillance, la recherche et l’éducation représentent les meilleurs outils dont nous disposons pour prévenir les pandémies. »

Les chercheurs ont également souligné le fait que les contacts entre l’Homme et la faune sauvage avaient tendance à s’intensifier, ajoutant que les ravages actuels causés par le Covid-19 constituaient un rappel de l’étroite relation entre la santé humaine et ces interactions.

« Les interactions entre humains et animaux sauvages sont de plus en plus fréquentes à l’échelle mondiale. Par conséquent, en apprendre davantage sur ces virus chez les animaux – ce qui leur permet de muter et comment ils se propagent à d’autres espèces – peut nous aider à réduire leur potentiel pandémique », conclut Marc Valitutto, auteur principal de l’étude.

— MilletStudio / Shutterstock.com

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