© 2021 Warner Bros. Entertainment Inc. / Ben Rothstein – Conjuring 3 : Sous l’emprise du Diable / Allociné

Conjuring 3 : Sous l’emprise du Diable est actuellement au cinéma. L’occasion de revenir sur l’histoire vraie qui a inspiré le film de Michael Chaves.

La possession de David Glatzel

Comme les trois films précédents, le troisième volet de Conjuring est inspiré de faits réels. Il n’est pas question ici de maison hantée, mais plutôt de possession démoniaque. Encore une fois, le scénario de Conjuring 3 : Sous l’emprise du Diable est tiré des dossiers de Ed et Lorraine Warren. Ce couple spécialisé dans les sciences occultes auquel la famille Perron avait fait appel pour leur maison d’Harrisville. Maison qui, d’ailleurs, serait toujours hantée.

Dans les années 80, le couple Warren a été appelé pour un jeune garçon de 11 ans : David Glaztel. Après avoir vu une bête monstrueuse un soir dans sa chambre, le jeune garçon affirma à ses parents avoir été « battu par la bête ». Ce qui pouvait ressembler à un simple mauvais rêve se transforma en véritable enfer pour la famille Glatzel. David se tordait de douleur la nuit dans son lit, il vociférait des obscénités, hurlait, se débattait contre un ennemi invisible. Parfois, le jeune garçon devenait extrêmement violent : il crachait sur sa mère et la frappait.

Puis, il fut certain pour ses parents que le jeune David Glatzel était possédé par l’esprit malin. C’est ainsi que Judy, la sœur de David, requit l’aide de l’Église catholique. Un prêtre vint bénir la maison, mais cela n’apaisa pas le démon. Alors, il conseilla Judy de contacter les Warren. Plusieurs jours durant, les Warren enquêtèrent sur le cas de David Glatzel et de sa famille. Il était plus que certain que le jeune garçon était possédé par plusieurs démons, et qu’une bête était présente dans la maison des Glatzel. Par conséquent, David Glatzel fut exorcisé. Il fut alors libéré du démon. Cependant, l’histoire ne s’arrête pas là.

L’affaire Arne Johnson

En effet, David Glatzel ne semblait plus possédé par la bête. Mais cette dernière n’était pas partie : elle avait élu domicile dans le corps d’Arne Johnson. Le jeune homme de 19 ans était en couple avec Debbie Glatzel, la sœur de David. C’était un garçon poli, gentil, et qui travaillait dur. Malheureusement, Arne haranguait continuellement les démons lors des séances d’exorcisme. « Prenez-moi ! Prenez-moi à sa place », hurlait Arne Johnson. Ce qu’ils firent selon Ed et Lorraine Warren.

Soudain, le comportement exemplaire d’Arne Johnson changea du tout au tout. Il avait des sortes de transes, se mettait en boule, grognait, hurlait qu’il y avait une bête en lui. Mais le pire était à venir. Effectivement, après un repas avec Alan Bono, le patron de sa fiancée, Arne le poignarda à plusieurs reprises. Quelques minutes seulement après le meurtre, la police interpella Arne Johnson. C’est alors que les Warren appelèrent les autorités affirmant qu’Arne n’était pas conscient du crime qu’il avait commis puisqu’il était possédé par un démon. Bien entendu, personne ne les crut.

Le procès du démon

Puisque les autorités ne voulaient pas croire les Warren, ces derniers racontèrent l’histoire de David et Arne à la presse. Rapidement, l’affaire Arne Johnson défraya la chronique. En effet, l’avocat d’Arne, Martin Minnella, recevait des appels du monde entier pour parler de cas similaires. Il se rendit même à Londres pour rencontrer ses confrères confrontés aux mêmes cas de figure. Maître Minnella décida donc d’axer sa défense sur le fait qu’Arne Johnson était possédé lorsqu’il a commis le meurtre d’Alan Bono.

Il fit témoigner des spécialistes de l’occulte et des possessions démoniaques lors du procès. Par ailleurs, Minnella tenta de faire intervenir les prêtres présents lors de l’exorcisme de David Glatzel. Mais puisqu’ils s’étaient montrés réticents, l’avocat les avait menacés de les citer à comparaître. C’est alors que le procès d’Arne Johnson, aussi connu comme le « procès du démon », débuta le 28 octobre 1981, devant la Cour supérieure du Connecticut à Danbury.

RUAIRI O’CONNOR dans le rôle d’Arne Johnson © Warner Bros. Entertainment – Conjuring 3 : Sous l’emprise du Diable / Allociné

Maître Minnella tenta de plaider la non-responsabilité d’Arne Johnson, puisqu’il s’agissait d’un cas de possession. Cependant, le juge Robert Callahan rejeta la plaidoirie de Minnella, la jugea non scientifique et qu’elle manquait énormément de preuves. Minnella changea donc sa défense et plaida la légitime défense. Le 24 novembre 1981, Arne Johnson fut reconnu coupable d’homicide involontaire au premier degré. Il fut libéré pour bonne conduite au bout de cinq ans. Il épousa Debbie Glatzel, et le couple soutint, même des années plus tard, que la possession était bien réelle.

Le procès d’Arne Johnson devint aussi célèbre : ce fut la première fois qu’un avocat axa sa défense sur la possession démoniaque.

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