ankylosaure
— © Henry Sharpe

Alors que l’on estimait que les ankylosaures utilisaient uniquement leur queue massive pour repousser les prédateurs, des analyses fossiles indiquent que ces herbivores lourdement blindés se livraient à de véritables joutes pour affirmer leur domination sociale.

Zuul crurivastator

Ces nouveaux travaux publiés dans la revue Biology Letters ont impliqué le réexamen minutieux du fossile d’ankylosauridé le plus complet connu, mis au jour au Canada dans les années 1980. Nommé Zull crurivastator, en référence au monstre du film original Ghostbusters et à sa queue massive « destructrice de tibias », cette créature mesurant environ six mètres de long pour un poids de 2,5 tonnes parcourait les plaines de l’actuelle Alberta il y a 76 millions d’années.

La mise en évidence de plusieurs pointes osseuses brisées le long de son appendice en forme de massue et de lésions cutanées caractéristiques suggère une fonction auparavant insoupçonnée de cette partie de l’anatomie du dinosaure blindé, pouvant mesurer jusqu’à 3 mètres de long.

« Les plaques osseuses et les pointes encore recouvertes de peau fossilisée de Zuul éclairent l’existence de ces créatures massives », estime David Evans, co-auteur de l’étude. « L’examen des signes de cicatrisation dans ses tissus mous a permis d’établir un schéma pathologique global. »

ankylosaures
Queue fossilisée de Zuul crurivastator (les pointes osseuses brisées sont marquées en rouge) — © Danielle Dufault / Royal Ontario Museum

Traditionnellement, les scientifiques pensaient que les ankylosaures utilisaient leur queue en forme de massue pour repousser leurs prédateurs, incluant le redoutable T. rex. Ces nouvelles observations suggèrent que cet attribut était également sollicité dans le cadre de violents combats intra-espèces.

Une structure sociale beaucoup plus complexe que prévu

« Ce type de structures biologiques remplit généralement plusieurs fonctions différentes, mais pendant longtemps, nous avons supposé que les ankylosaures étaient des créatures assez léthargiques menant une existence solitaire, qui utilisaient principalement leur queue pour se défendre », souligne Evans.

« Nos travaux brisent ce dogme anti-prédateur et montrent également que ces dinosaures herbivores étaient beaucoup plus complexes sur le plan social, se battant avec leurs congénères afin d’asseoir leur domination territoriale ou pour impressionner leurs partenaires potentiels. »

L’an passé, l’examen de dizaines de crânes de Tyrannosaurus rex avait suggéré un comportement similaire chez ce super-prédateur, avec des individus se mordant mutuellement la face lorsqu’ils atteignaient l’âge de se reproduire.

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