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Vendredi dernier, le ministre de l’Environnement, Carlos Eduardo Correa, a annoncé que la Colombie allait interdire totalement la pêche au requin. Une initiative pour freiner le commerce illégal des ailerons de l’animal marin, qui sont particulièrement prisés sur le marché asiatique. Le gouvernement espère ainsi pouvoir sauver la population qui a considérablement diminué au fil des années.

Une commercialisation illégale sur les marchés asiatiques

Le gouvernement colombien modifiera ainsi la législation en vigueur depuis 2017 pour interdire à 100 % la capture des requins en Colombie. Cette mesure, qui entrera en vigueur par décret, vise en effet à mettre fin à la capture involontaire et artisanale des requins qui vivent dans les eaux colombiennes des océans Atlantique et Pacifique.

Le ministre de l’Environnement colombien, Carlos Eduardo Correa, a indiqué à la radio W que « l’un des impacts importants de cette décision est de freiner la commercialisation des ailerons et du requin ». D’après certaines études, entre 26 et 73 millions de requins sont capturés chaque année à travers le monde pour leurs ailerons. Le nombre de certaines espèces a par conséquent chuté de 80 % au cours des cinquante dernières décennies.  

La pêche au requin a donc été interdite ou restreinte dans de nombreuses régions du monde. Cependant, l’on constate toujours une commercialisation massive illégale de l’aileron du poisson cartilagineux. Des sensibilisations ont néanmoins réduit leur consommation de 25 % dans des pays comme la Thaïlande et Singapour.

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Une mesure saluée par le président colombien

Cette mesure a été saluée par le président colombien, Ivan Duque. Ce dernier a indiqué qu’il signera le décret en l’accompagnant de mesures de compensations pour les communautés qui pêchent le requin pour la consommation locale. Carlos Eduardo Correa affirme que le gouvernement envisage d’indemniser 250 familles des départements de Guajira (nord) et 300 autres du littoral Pacifique (sud-ouest).

De son côté, la militante de l’environnement Sandra Bessudo indique que cette mesure aura des conséquences positives non seulement sur la préservation de l’espèce, mais également sur la santé des consommateurs. Elle explique que la chair de requin contient un indice élevé de mercure, qui est utilisé dans l’extraction illégale de l’or. « Il s’agit de travailler avec les communautés afin qu’elles puissent se développer économiquement à travers des activités respectueuses de la conservation » des espèces, a-t-elle déclaré.

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