Une étude incroyable a démontré que les fonctions cérébrales chez des cochons peuvent être rétablies jusqu’à 4 heures après leur mort. Un résultat spectaculaire mais qui soulève aussi des questions éthiques.

Un résultat révolutionnaire

Et non, ce n’est pas le scénario d’un nouveau film d’horreur mais une expérience qui a réellement fonctionné. Des chercheurs américains ont vraiment réussi à rétablir certaines fonctions des cerveaux de cochons, plusieurs heures après leur mort.

Il n’est pas non plus encore question de ressusciter les morts. Mais les médecins affirment que c’est une expérience qui pourrait aider le cerveaux à se soigner suite à des blessures graves comme les AVC ou les crises cardiaques.

Cet axe de recherche pourrait mener à une toute nouvelle façon d’étudier le cerveau post-mortem. La nouvelle technologie offre des possibilités d’examiner les connexions et les fonctions complexes des cellules et des circuits qui sont perdues lorsque les spécimens sont conservés d’une autre manière. Il pourrait aussi stimuler la recherche pour développer des interventions qui favorisent la récupération du cerveau après une perte de débit sanguin cérébral, par exemple lors d’une crise cardiaque.” a déclaré Andrea Beckel-Mitchener, la cheffe d’équipe de l’initiative Brain au National Institute of Mental Health aux États-Unis.

Des cerveaux de cochons ont montré des signes de vie après la mort des bêtes © Flickr / Rictor Norton & David Allen

Comment les chercheurs ont-ils procédé?

BrainEx, voilà comment se nomme l’invention qui a permis d’arriver à ce résultat. Après la mort des cochons, 32 cerveaux ont été prélevés de leur boîte crânienne. Ces cerveaux ont ensuite été ramenés dans un laboratoire de l’université de Yale.  

BrainEx est un système de pompe qui a été relié aux cerveaux et les a irrigué avec un substitut de sang pendant 6 h à la même température que le corps humain, 37°. Le résultat a été frappant. Certaines fonctions du cerveau se sont mises à fonctionner de nouveau.

Il est important de comprendre que les cerveaux n’ont pas retrouvé la même activité qu’ils avaient lorsque l’animal est vivant. Le Dr Jacques Créteur a déclaré que « Ces cerveaux ne pouvaient pas penser, ils ne pouvaient pas ressentir, mais à l’intérieur, on pouvait voir de petits signes d’activité. » Les vaisseaux sanguins et l’activité synaptique ont recommencé à fonctionner, des cellules cérébrales ont retrouvé une activité métabolique et d’autres ont réagi à des médicaments.

Un résultat qui soulève des questions éthiques

« Les défis immédiats posés par ces résultats sont avant tout éthiques », affirme le Pr David Menon, de l’université de Cambridge au Royaume Uni. « Cela remet en question notre conception de ce qui fait qu’un animal ou un homme est vivant« , assurent d’autres scientifiques dans un commentaire publié dans Nature, un magazine scientifique.

Après cette recherche la notion de mort cérébrale pourrait être amenée à être redéfinie. La mort s’explique par l’arrêt définitif des fonctions vitales des organes, comme le cœur ou le cerveau. Après quelques minutes d’arrêt, un cerveau est considéré cliniquement mort. Cette nouvelle découverte pourrait faire évoluer cette définition.


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