Le taux de CO2 n’a jamais été aussi important depuis 800 000 ans

Malgré les (maigres) efforts déployés par plusieurs gouvernements afin de réduire leur production de CO2, l’utilisation des énergies fossiles et le réchauffement climatique ont conduit la planète à produire en avril le plus haut taux de Dioxyde de Carbone jamais observé depuis 800 000 ans.

Un record vieux de 800 000 ans

C’est un bien triste constat que vient de nous dévoiler l’observatoire atmosphérique Mauna Loa : le mois dernier, cet institut spécialisé dans l’analyse de l’air et basé à Hawaï a constaté que la concentration de CO2 présent dans l’air avait dépassé les 410 ppm (parties par million) en volume, soit le plus haut taux observé depuis… 800 000 ans.

Selon le géochimiste Ralph Keeling, fils de Charles Keeling (à qui l’on doit la courbe de Keeling, l’outil de mesure utilisé pour quantifier le CO2 présent dans l’atmosphère), l’origine de ce phénomène est plus qu’évidente : elle vient de la combustion du charbon et du pétrole. « Nous continuons de brûler des énergies fossiles. Et tant que nous le ferons, le dioxyde de carbone continuera de s’accumuler dans l’air, c’est aussi simple que cela ».

L’analyse de la glace permet de connaître la composition chimique de l’air d’il y a plusieurs millions d’années.

Comment ont-ils fait pour mesurer ?

Pour pouvoir en arriver à ce terrible constat, les géochimistes ont étudié des bulles de gaz piégées dans la glace : en prélevant des carottes de glace, ils ont pu analyser la composition chimique de l’air d’il y a plusieurs centaines de milliers d’années, avant de la comparer à celle d’aujourd’hui.

Résultat ? Il y a environ 4.5 milliards d’années, la concentration de CO2 dans l’air était 100 000 fois supérieure à celle d’aujourd’hui ; mais avec l’arrivée de la vie et de la photosynthèse, elle était en diminution constante depuis des milliards d’années… jusqu’au 19e siècle, et l’émergence des activités industrielles.

Les industries participent grandement à la création de l’effet de serre.

Une étude qui renvoie les climato-sceptiques et la gouvernance mondiale dans les cordes

C’est un nouveau témoignage édifiant de la conséquence de l’activité humaine sur la qualité de l’air à montrer aux climato-sceptiques qui pensent que le réchauffement climatique est simplement dû à un nouveau cycle climatique naturel. Cette étude est un véritable cri d’alarme pour les gouvernements du monde entier, qui vont vite devoir se relever les manches s’ils ne veulent pas voir leurs populations suffoquer.

D’autant que si on prête l’oreille à d’autres études, le constat est encore pire : l’année dernière, l’OMM (Organisation Mondiale de la Météorologie) suggérait dans un rapport que les concentrations de CO2 dans l’atmosphère étaient les plus hautes jamais observées depuis au moins 3 millions d’années…


Accompagnez-nous sur les réseaux sociaux