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Les comptines de notre enfance sont en réalité loin d’être aussi innocentes que l’on pourrait le penser. De Jean Petit qui danse qui évoque l’écartèlement d’un homme pendant la Révolution française à Il était un petit navire qui parle d’une cruelle histoire de cannibalisme, nombreuses sont ces comptines à avoir un sens caché. Mais, saviez-vous que cela est également le cas d’Au clair de la lune qui parle en réalité de prostitution ? 

Au clair de la lune est une chanson populaire française. Elle fut la première à être enregistrée en 1860 par Édouard-Léon Scott de Martinville, inventeur de l’enregistrement sonore. Aussi bien l’origine que l’âge de l’air de cette chanson sont particulièrement incertains. Si certaines notes du Recueil des plus belles et excellentes chansons en forme de voix de ville de Jehan Chardavoine, paru en 1576, rappellent son air, rien ne prouve réellement qu’il s’agit de cette même comptine. La mélodie d’Au clair de la lune est parfois de surcroît attribuée à Jean-Baptiste Lully. Les sources n’étant pas suffisamment fiables, l’on estime aujourd’hui que cette comptine date du XVIIIe siècle et que son auteur est inconnu. La version que nous connaissons le mieux évoque des personnages issus de la commedia dell’arte : Pierrot et Arlequin. Pierrot est un personnage portant un chapeau blanc et au teint poudré de farine. Lubin apparaît également plusieurs fois : dans une ballade de 1527 de Clément Marot, il s’agit d’un moine débauché, alors que dans George Dandin de Molière, il s’agit d’un « valet galamment empressé auprès de Claudine, une forte luronne ».

La comptine Au clair de la lune a fait l’objet de multiples théories et interprétations. Datant probablement du XVIIIe siècle, la traduction des paroles de cette chanson n’est donc pas des plus aisées. Les paroles sont donc bien moins explicites. Malgré cela, la version la plus connue comporte bel et bien des paroles qui parlent d’acte sexuel. 

Selon plusieurs sources, la version originale disait “Prête-moi ta lume” et non “Prête-moi ta plume”. “Lume” vient du mot lumière et dont on a besoin afin d’écrire lorsque la chandelle est morte. La comptine rapporte donc la demande, “la lumière pour écrire un mot”, puis la justification de celle-ci, “ma chandelle est morte, je n’ai plus de feu”. Dans le premier couplet, la demande de feu serait donc sous-entendue dans “ma chandelle est morte je n’ai plus de feu”. Puis, dans le second couplet, l’autre version serait “je n’ai pas de lume, je suis dans mon lit” ce qui signifierait que Pierrot a déjà éteint ses lumières car il est déjà dans son lit. Enfin, concernant le quatrième couplet, la version modifiée “on chercha la lume, on chercha du feu” serait plus redondante, alors que la version que nous connaissons “on chercha la plume, on chercha du feu” nous offre deux informations. 

L’interprétation est donc bel et bien complexe. Au travers de termes comme “Lubin”, “chandelle”, “battre le briquet” ou encore “dieu d’amour”, les couplets ont des sous-entendus sexuels, allant jusqu’à parler de prostitution. Ainsi, “ma chandelle est morte, je n’ai plus de feu” est une métaphore pour l’érection ou le désir sexuel. “Battre le briquet” est une expression du XVIIIe siècle signifiant “avoir des relations sexuelles”. “On chercha la plume, on chercha du feu” signifie encore que le lubin se rend chez la dame et quémande du sexe et sous-entend l’excitation sexuelle, de manière poétique.

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