Pourquoi le meilleur ami de l’Homme bâille-t-il quand les humains le font aussi ? Des chercheurs se sont penchés sur la question et, surprise, ce ne serait pas par empathie !

Le bâillement, un signe d’empathie ?

Vous avez sûrement remarqué que, lorsque vous bâillez, votre fidèle compagnon bâille en retour. Étonnant, non ? Le bâillement a de nombreuses fonctions, physiques ou sociales, et procure bien-être et détente. La plupart des animaux en sont capables mais ce n’est que chez quelques espèces, notamment les grands primates, les éléphants, certains perroquets et rats ainsi que chez l’être humain qu’il est dit contagieux. Et, bien évidemment, chez le chien.

Le bâillement chez le chien a également plusieurs fonctions. Il s’agit entre autres d’un moyen de pacification et d’exutoire au stress. Ainsi, bâiller permet au chien de se rassurer lorsqu’une situation est anxiogène, comme une visite chez le vétérinaire par exemple, mais également de faire retomber la tension en cas de conflit. Mais pendant longtemps, le bâillement contagieux du chien était perçu comme étant un signe potentiel de sympathie et d’empathie. Or, même si les chiens sont bien capables d’empathie, il n’en est rien d’après ces chercheurs. 

— Javier Brosch / Shutterstock.com

Le chien bâille toujours en retour, y compris avec des inconnus 

Dans une étude parue le 12 février 2020 dans la revue Proceedings of Royal Society B, une équipe de l’université des sciences d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, a combiné les données de six études antérieures réalisées sur 257 chiens avec de nouvelles expériences comportementales. Or, si les conclusions de ces dernières sont formelles concernant le fait que le chien réponde aux bâillements des humains en les imitant, il n’y a aucune preuve concernant l’empathie dont les canidés font preuve dans ce geste. Les chercheurs ont donc décidé de creuser la question.

Ainsi, une trentaine de chiens ont été soumis à deux exercices différents. Dans le premier, un humain interagissait avec l’animal, en jouant à la balle ou en le caressant par exemple, puis il installait le chien sur un lit et se mettait à bâiller devant lui, de manière audible et en s’étirant. Il y avait donc un lien social entre le chien et l’humain. Dans le second exercice, il n’y avait aucune interaction puisque l’humain ignorait totalement le chien, en évitant son regard et en mangeant devant lui sans rien lui donner. Il bâillait ensuite, exactement comme dans le premier cas de figure. Or, dans les deux situations et contrairement à ce qu’on pourrait croire, les chiens bâillaient en retour.

L’empathie n’a rien à voir dans l’histoire

Patrick Neilands, de l’université d’Auckland et auteur principal de l’étude, a expliqué à l’AFP qu’“ils le faisaient même légèrement plus en conditions ‘anti-sociales’. Cela nous a surpris. Il aurait été plus probable que les chiens imitent une personne familière davantage qu’une personne étrangère, car le bâillement contagieux et l’empathie peuvent avoir des mécanismes cognitifs similaires.”

Si chez l’humain le bâillement est bien un signe d’empathie, cette étude donne “la preuve que le bâillement chez les chiens, bien que contagieux, n’est pas lié à l’empathie”. C’est aussi, selon Patrick Neilands, la « première preuve robuste d’un bâillement contagieux chez d’autres espèces que les primates« . En effet, chez les bonobos par exemple, lorsque la femelle dominante bâille, les autres femelles bâillent en retour. Il reste désormais à trouver réellement pourquoi le chien répond à nos bâillements.

— simona pilolla 2 / Shutterstock.com

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