Représentation artistiques de Tartarocyon cazanavei, se nourrissant d’un dauphin préhistorique — © Denny Navarra / Floréal Solé et al. / Peerj 2022

Une équipe internationale de paléontologues dirigée par des membres du Musée d’histoire naturelle de Bâle a découvert une toute nouvelle espèce de « chien-ours ». Ces redoutables carnivores peuplaient l’Europe il y a 36 à 7,5 millions d’années.

Tartarocyon cazanavei

Décrite dans la revue Peerj, la créature a été identifiée à partir d’une mâchoire inférieure découverte dans la commune de Sallespisse, dans les Pyrénées-Atlantiques. Le fossile présente une quatrième prémolaire inférieure unique, s’avérant essentielle pour la détermination des espèces et des genres.

Sur la base de sa morphologie, les chercheurs ont établi qu’il s’agissait d’une toute nouvelle espèce de « chien-ours », baptisée Tartarocyon cazanavei en référence à Tartaro, cyclope issu de la mythologie basque.

Les Amphicyonidae, ou « chiens-ours », étaient un groupe diversifié de carnivores préhistoriques. Répandus dans toute l’Europe au Miocène (23 à 5,3 millions d’années), ceux-ci pouvaient peser entre 5 et 770 kilos environ et étaient, comme leur nom l’indique, apparentés aux canidés et aux ursidés. On estime qu’ils ont disparu du vieux continent il y a 7,5 millions d’années environ.

Mâchoire inférieure de Tartarocyon cazanavei étudiée par les chercheurs — © Floréal Solé et al. / Peerj 2022

Des informations précieuses sur l’évolution des chiens-ours

Identifié au début du XIXe siècle, le genre (signifiant « chien ambigu ») a été officiellement nommé en 1836 par le géologue et paléontologue français Édouard Lartet. Des fossiles d’amphicyonidés ont été découverts jusqu’à présent au Nebraska, en Amérique du Nord, ainsi qu’en France et en Espagne.

Ces carnivores exclusifs sont vraisemblablement apparus en Amérique du Nord il y a environ 45 millions d’années. De là, ils se sont répandus en Europe, Asie et Afrique actuelles, devenant très répandus au début du Miocène. Leur extinction a probablement été provoquée par l’émergence de canidés modernes, tels que les loups, qui chassaient le même type de proies.

Selon les auteurs de l’étude, la découverte de ce nouveau témoignage fossile de chien-ours dans le sud-ouest de la France fournit également des informations clefs sur l’évolution du climat au milieu du Miocène et l’ère de répartition des chiens-ours européens.

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