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Au Moyen Âge, les chevaux de guerre n’étaient pas plus grands que les poneys actuels, selon cette étude

La fin d’un mythe ?

Scène de bataille du XVe siècle peinte par Paolo Uccello — © Uffizi / Wikimedia Creative Commons

Souvent dépeints comme des bêtes imposantes dans les films et la littérature moderne, les chevaux de guerre médiévaux étaient vraisemblablement bien moins impressionnants, selon une étude britannique parue il y a quelques années.

Des équidés médiévaux bien loin de ceux des films

Au Moyen Âge, être un cheval, c’était pas si génial. Lorsque vous aviez la chance d’échapper aux habituels et éreintants travaux de trait, vous étiez susceptible d’être la monture d’un chevalier pas spécialement concerné par le bien-être animal. Plus branchés virées croisades entre Godefroy et éperonnage que suivi des courses hippiques au PMU du château, ceux-ci partaient régulièrement guerroyer avec plusieurs dizaines de kilos d’armure sur le dos, quand vous n’étiez pas vous-même lourdement caparaçonné.

Si l’on imagine aisément les situations hautement anxiogènes et potentiellement mortelles auxquelles ces équidés étaient régulièrement confrontés, il semble qu’ils étaient bien moins imposants que ne le suggère la culture populaire. D’après une étude publiée en 2022 dans l’International Journal of Osteoarchaeology, la grande majorité des chevaux médiévaux auraient mesuré moins de 1,47 m au garrot, soit la taille maximale d’un poney actuel.

Pour parvenir à cette surprenante conclusion, ses auteurs ont examiné les os d’environ 2 000 équidés datant du IVe au XVIIe siècle, découverts dans des châteaux, un cimetière équin et d’autres sites archéologiques en Angleterre. En parallèle, les archives historiques ont été passées au peigne fin, et d’anciens éléments d’armures équines ont également été étudiés.

« Dans la culture populaire, les chevaux de guerre médiévaux approchent souvent de la taille d’un Shire [mesurant en moyenne 1,80 m au garrot pour un poids d’une tonne] », explique Alan Outram, chercheur à l’université d’Exeter. « Ce qui était très loin d’être le cas. En réalité, très peu atteignaient la taille dépeinte dans les films. »

Charge de la cavalerie de Guillaume le Conquérant, en 1066, montrant des chevaux d’environ 1,50 m au garrot — © CC BY-SA 3.0

Pas un critère déterminant

Selon l’équipe, la taille n’était pas un critère déterminant pour les guerriers médiévaux, qui étaient eux-mêmes plus petits. S’il est possible que certains des destriers utilisés sur les champs de bataille se soient avérés assez imposants, les armées employaient également des chevaux de plus petite stature pour harceler l’ennemi lorsqu’il battait en retraite, mener des raids longue distance et transporter du matériel.

L’un des plus grands équidés étudiés, un cheval de la période normande dont les restes avaient été découverts dans le parc d’un château du Wiltshire, ne mesurait ainsi que 1,52 m au garrot, soit la taille d’un petit cheval d’équitation moderne.

En raison d’un nombre particulièrement restreint de restes d’équidés trouvés directement sur d’anciens champs de bataille, il est toutefois difficile d’établir précisément quel animal était un cheval de guerre plutôt que de trait. « Les carcasses des destriers tombés au combat étaient généralement récupérées par les équarrisseurs et ne bénéficiaient pas d’une inhumation digne de ce nom », précise Outram.

Au cas où vous l’ignoriez, il y a 56 millions d’années, le plus ancien cheval connu n’était pas plus grand qu’un chat domestique.

Par Yann Contegat, le

Source: The Guardian

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