S’il est depuis longtemps admis que le métabolisme change avec l’âge, nous savons globalement peu de choses sur la chronologie de ces changements. Une nouvelle étude a abouti à des conclusions pour le moins étonnantes.

Des résultats surprenants

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Science, des chercheurs de l’université Duke ont rassemblé les données de 6 421 sujets répartis dans 29 pays et âgés d’une semaine à 95 ans. À l’aide d’isotopes placés dans l’eau potable, puis suivis dans l’urine, l’équipe a pu calculer leur dépense énergétique quotidienne. De façon étonnante, il s’est avéré que notre taux métabolique atteignait son maximum durant l’enfance, et que la vitesse à laquelle notre organisme brûlait les calories à l’adolescence se révélait à peine plus élevée qu’à l’âge adulte.

En d’autres termes : l’épaississement du tour de taille associé à l’âge moyen n’est peut-être pas uniquement dû à un ralentissement du métabolisme. « De nombreux changements physiologiques, comme la puberté ou la ménopause, accompagnent la croissance et le vieillissement », explique l’anthropologue de l’évolution Herman Pontzer. « Étrangement, le calendrier des étapes métaboliques que nous traversons au cours de notre vie ne semble pas correspondre à ces jalons typiques. »

Notre métabolisme semble ralentir d’environ 3 % jusqu’à la vingtaine, où il se stabilise, et il n’y a étrangement pas de véritable poussée après la puberté (celui-ci s’avérant le plus stable de la vingtaine à la cinquantaine). À partir de la soixantaine, sa vitesse semble diminuer d’environ 0,7 % par an, ce qui signifie que lorsqu’une personne atteint 90 ans, ses besoins caloriques s’avèrent 26 % plus faibles que ceux qu’un individu d’âge moyen, non seulement parce que sa masse musculaire est moins importante, mais aussi parce que ses cellules fonctionnent plus lentement.

— Syda Productions / Shutterstock.com

Un pic métabolique au cours des 12 premiers mois de notre vie

Les changements les plus importants interviennent en réalité au cours des 12 premiers mois de la vie : les enfants d’un an brûlent des calories environ 50 % plus rapidement que les adultes, par rapport à leur taille. « Même en tenant compte de l’augmentation rapide du poids, les dépenses énergétiques grimpent en flèche au cours de ces premiers mois », souligne Pontzer. « Des processus dont nous ignorons actuellement la nature interviennent à l’intérieur des cellules du bébé et les rendent plus actives. »

Offrant aux chercheurs un aperçu bien plus précis de la façon dont la dépense énergétique évolue au cours de notre vie, ces résultats pourraient également être utiles pour adapter les traitements médicaux à des personnes et à des tranches d’âge spécifiques, en tenant compte des modifications du métabolisme.

« Tout cela nous amène à la conclusion que le métabolisme des tissus, c’est-à-dire le travail des cellules, évolue au cours de la vie d’une manière que nous n’avions pas pleinement appréciée auparavant », souligne Pontzer. « Il est indispensable de disposer d’un vaste ensemble de données pour s’attaquer à de telles questions. »

1
COMMENTEZ

connectez-vous pour commenter
avatar
1 Fils de commentaires
0 Réponses de fil
0 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
1 Auteurs du commentaire
nordine benbahlouli Auteurs de commentaires récents
  S’abonner  
plus récent plus ancien Le plus populaire
Notifier de
nordine benbahlouli
Invité
nordine benbahlouli

plus de précision s v p