Ce champignon-parasite drogue ses victimes et les pousse à s’accoupler frénétiquement

On pourrait croire qu’une cigale dont le corps aurait été infesté par un champignon parasite serait alors vidé de son énergie vitale, incapable de voler et finirait par mourir rapidement… Mais celui-ci a des effets bien différents sur ses hôtes, il les dope avec de la drogue et les pousse à avoir des relations sexuelles !

 

UN CHAMPIGNON DOPANT

C’est Matt Kason, un chercheur sur les champignons de l’université de Virginie occidentale, qui après avoir implanté un champignon entomopathogène Massospora sur le corps de cigales, s’est rendu compte que celles-ci ne s’arrêtaient pas de voler ! Bien au contraire, le champignon produisait un curieux effet, il leur donnait plus d’énergie, dopait leur excitation sexuelle.

En effet, les cigales infectées par le champignon avaient un comportement pour le moins étrange. Les mâles devenaient à la fois hyperactifs et hypersexuels en tentant de s’accoupler avec tout ce qu’ils pouvaient trouver même d’autres mâles. En imitant les frottements des ailes des femelles, ils attiraient les autres mâles.

Toby Hudson – CC BY-SA 3.0

DEUX SUBSTANCES EN CAUSE

Bien sûr, ce champignon n’a pas fait que leur donner de l’énergie et relever l’appétit sexuel de leur hôte, il a aussi dévoré leur arrière train et leurs parties génitales, ce qui profite au parasite qui peut transmettre ses spores à de nouveaux hôtes lors des ébats. Quels sont les mécanismes en jeu qui modifient à ce point le comportement de la cigale ?

Selon le chercheur, il serait dû à deux substances, la cathinone et la psilocybine. La cathinone doperait l’insecte et lui donnerait beaucoup d’énergie, ce qui pourrait expliquer leur fougue malgré l’amputation de leur membre.

Le rôle de la psilocybine est plus flou pour l’instant, mais il existe toutefois une théorie selon laquelle les champignons ont développé cette substance pour réduire l’appétit des insectes avec qui ils sont en concurrence pour manger le bois en décomposition. En supprimant la sensation de faim, l’insecte ne cherchant plus à se nourrir trouverait d’autres occupations, comme l’accouplement !


Seuls 50% des 1,8 million d’enfants atteints du VIH/Sida ont accès au traitement dont ils ont besoin.

— @UNICEF_france