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Ces chenilles rusées dupent les fourmis pour qu’elles les traitent comme des reines

Une relation fascinante

— © Barbero et al. / Annals of the New York Academy of Sciences 2026

Protégées, nourries et transportées par les ouvrières. Grâce à un mimétisme confondant, de jeunes chenilles bénéficient d’un traitement royal par des colonies de fourmis, essentiel à leur développement.

Traitement royal

Les chenilles de nombreuses espèces de papillons sont « myrmécophiles » : leur cycle de vie dépend étroitement des fourmis. Pouvant être parasitaire ou mutualiste, cette relation repose sur la capacité des premières à décoder et utiliser le « langage » de la colonie hôte. Si le rôle des signaux chimiques et acoustiques est bien documenté, Francesca Barbero, de l’université de Turin, et ses collègues ont fait de nouvelles découvertes intrigantes.

Grâce à un appareil expérimental ultra-sensible, l’équipe a enregistré les vibrations produites par les reines fourmis du genre Myrmica, et celles des larves et nymphes de neuf espèces de papillons présentant différents degrés de myrmécophilie.

Pour l’ensemble des espèces étudiées, les chercheurs ont identifié une forme d’isochronie, ou rythme régulier. Mais il s’est avéré que chez les chenilles dépendant le plus étroitement des fourmis, les « motifs rythmiques » étaient d’une complexité inédite pour des insectes, comparable à celle observée dans la structure des appels vocaux de certains primates.

« Grâce à ces schémas rythmiques, des espèces fortement dépendantes des fourmis, comme Phengaris alcon et Plebejus argus, parviennent à convaincre les ouvrières qu’elles ont besoin de la même attention que leur reine », commente James Mallet, de l’université de Harvard. « Dans ces deux cas, il s’agit d’une forme de parasitisme, avec des chenilles se nourrissant des larves de fourmis. »

Des signaux confondants mais moins fréquents

Aussi confondantes soient les imitations des signaux rythmiques des reines fourmis, les chenilles les émettaient à une fréquence nettement moindre, que Barbero lie potentiellement à leur coût énergétique élevé.

« Être plus silencieux peut être profitable pour le futur papillon, qui émet ces signaux uniquement lorsqu’il a besoin de l’attention des fourmis », concluent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans les Annals of the New York Academy of Sciences.

Plus tôt cette année, des chercheurs avaient décrit une forme de « guerre chimique » chez les fourmis, avec des insectes parasites incitant les ouvrières à tuer leur reine, puis usurpant sa place.

Par Yann Contegat, le

Source: Refractor

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