Des chercheurs américains viennent de faire une découverte particulièrement importante : ils ont identifié les voies nerveuses permettant à notre cerveau de communiquer avec notre estomac pour la première fois. Explications. 

Une première

C’est une vraie première : des chercheurs américains de l’école de médecine de l’université de Pittsburgh ont détecté les voies nerveuses permettant à notre cerveau de communiquer avec notre estomac. Ils ont publié les résultats de leurs travaux dans la revue PNAS. Catherine Tallon-Baudry, chercheuse à l’École nationale supérieure de Paris, s’est enthousiasmée en apprenant cette découverte : “C’est un travail remarquable que seuls quelques spécialistes au monde peuvent faire.

« Ne dit-on pas ‘avoir la boule au ventre’ ou ‘avoir l’estomac noué’ quand on est tendu ? Les voies nerveuses révélées par ces travaux pourraient servir à modifier le fonctionnement de l’estomac sous l’effet du stress ou des émotions », a également commenté Catherine Tallon-Baudry. Cette découverte va donc aider les spécialistes à comprendre davantage comment notre état mental influence l’état de notre estomac. 

— Skobeleva Nadya / Shutterstock.com

Notre estomac est contrôlé par plusieurs aires cérébrales 

Afin de faire cette découverte, les chercheurs ont utilisé le virus de la rage, que l’on appelle aussi un traceur qui a la capacité de remonter les cellules nerveuses ainsi que de traverser l’espace réduit du nom de synapse et qui les sépare. Les spécialistes ont alors injecté ce virus au niveau de la paroi de l’estomac de rats. Par la suite, des coupes du système nerveux réalisées à différents moments de la migration du virus ont aidé les chercheurs à identifier les trois anneaux de la chaîne nerveuse remontant de l’estomac vers plusieurs aires du cerveau. 

Ainsi, les chercheurs ont en conclu que plusieurs aires cérébrales contrôlent l’estomac depuis deux voies ayant des rôles opposés. La première voie débute au niveau du cortex insulaire et du cortex préfrontal médian afin de stimuler davantage l’activité motrice et de la sécrétion depuis le nerf vague, aussi appelé nerf pneumogastrique. La seconde voie débute quant à elle au niveau du cortex moteur primaire afin de permettre à l’estomac de se reposer grâce au système sympathique, notamment responsable du rythme cardiaque du corps humain.

“Mieux comprendre comment le mental peut agir sur le corps”

Ces travaux établissent une base pour mieux comprendre comment le mental peut agir sur le corps et peut-être induire certaines maladies psychosomatiques”, a ajouté Catherine Tallon-Baudry.

Jusqu’à présent, les liens entre le cerveau et l’estomac demeurent encore trop peu connus et davantage de recherches sont encore nécessaires. Il y a maintenant plusieurs années, ces mêmes chercheurs avaient d’ailleurs déjà analysé avec la même méthode ce qui relie les reins au cerveau. 

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