— © O’Flynn et al. / Scientific Reports 2023

L’utilisation d’une technique d’imagerie avancée a permis de révéler le contenu de six cercueils égyptiens. Actuellement conservés à Londres, ceux-ci renferment les restes momifiés de différents animaux.

Cercueils animaux anciens

D’une longueur comprise entre 5 et 30 centimètres et composés de matériaux cuivreux, ces cercueils ont été datés de 664 à 250 avant J.-C. Quatre d’entre eux avaient été mis au jour à la fin du XIXe siècle dans les antiques cités de Naukratis et de Tell el-Yahoudieh (nord de l’actuelle Égypte), tandis que l’origine des deux autres demeure inconnue.

Si la moitié de ces « boites » sont surmontées de figures de lézards, d’anguilles et de cobra, laissant entrevoir la nature de leur contenu, un cercueil comporte la représentation d’une créature à tête humaine, mi-anguille mi-cobra. Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Scientific Reports, celle-ci pourrait être liée à Atoum, ancienne divinité égyptienne représentant la création.

Afin de révéler leur contenu, les chercheurs du British Museum ont utilisé une technique d’imagerie non invasive connue sous le nom de tomographie à neutrons. Les scanners ont révélé les restes de différents animaux, dont le crâne complet et intact d’un probable lézard des murailles, espèce endémique d’Afrique du Nord. Une partie des fragments d’os étaient enveloppés dans du tissu, probablement du lin.

Selon Daniel O’Flynn, auteur principal de l’étude, les inhumations d’animaux étaient courantes dans l’Égypte ancienne, mais il est assez rare de trouver des cercueils encore scellés. « Comme ces boîtes sont en métal, il est très difficile de les examiner aux rayons X », souligne le chercheur. « Cette étude nous a donc permis d’examiner l’intérieur d’un petit groupe de cercueils à l’aide de neutrons. C’est la première fois que nous avons pu confirmer la présence de restes animaux à l’intérieur de ces objets conservés au British Museum. »

Boucles et plomb

Bien que les analyses réalisées n’aient pas permis de déterminer si les différents animaux avaient été sacrifiés, la présence de boucles sur plusieurs des cercueils suggère que de telles structures auraient facilité leur transport lors de processions religieuses ou permis de les suspendre aux murs des sanctuaires et des temples.

Outre les os, l’équipe a découvert du plomb dans trois des cercueils. Celui-ci aurait probablement été utilisé pour répartir le poids lors de l’inhumation ou pour combler un trou sur la paroi latérale de l’un d’eux.

« Nous ne sommes pas tout à fait sûrs de son utilisation », détaille O’Flynn. « Elle aurait pu être purement pratique, mais une autre interprétation est que le plomb aurait pu être placé là en raison de son statut de matériau magique dans l’ancienne Égypte. Nous savons par des recherches antérieures qu’il était utilisé pour protéger des restes momifiés. »

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