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Ces céramiques saoudiennes vieilles de 3 200 ans correspondraient à la plus ancienne marque connue

Des symboles de prestige

— © Marta Luciani / Qurayyah Joint Archaeological Project / CC-BY

L’examen de céramiques antiques mises au jour dans l’oasis de Qurayyah, en Arabie Saoudite, suggère qu’il s’agissait de produits standardisés de luxe, particulièrement recherchés pendant plus d’un millénaire.

Les poteries peintes de Qurayyah

Connues sous le nom de « poteries peintes de Qurayyah », ces céramiques anciennes se distinguent par leurs motifs bicolores et leurs représentations d’animaux ainsi que de scènes de vie. Si les datations indiquent que les exemples les plus anciens ont été produits il y a environ 3 600 ans, il a fallu attendre environ quatre siècles avant que leur production ne se standardise.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue PLOS ONE, des chercheurs ont procédé à des analyses technologiques, pétrographiques et géochimiques de dizaines de tessons de poterie provenant du four central de l’oasis, appuyant largement l’idée qu’il s’agissait de la plus ancienne « marque » connue.

« Elles présentent des similitudes étroites avec des objets de marque modernes : une identité visuelle forte, une cohérence matérielle, une continuité technologique, une production centralisée, un certain prestige culturel et même des contrefaçons », explique Marta Luciani, de l’université de Vienne.

« Mais il convient évidemment de garder à l’esprit qu’il s’agissait d’une marque antique dans un monde précapitaliste, avec une portée géographique ou des campagnes de promotion bien différentes », poursuit-elle.

Carte des différents sites examinés — © Luciani et al. / PLOS ONE 2026 – CC-BY

Une production délibérément intensifiée

L’équipe note que nombre de ces céramiques provenaient de sépultures d’élite, illustrant le rayonnement de la marque et sa réputation. Le fait que certaines d’entre elles aient été découvertes sur d’autres sites antiques situés à des centaines de kilomètres de Qurayyah, notamment un sanctuaire dédié à la déesse égyptienne Hathor dans le sud du Levant, indique de son côté que leur production a été délibérément intensifiée dans le but de l’exporter.

« Les imitations trouvées dans différentes colonies antiques, notamment Barqa el-Hetiye en Jordanie et à Al-‘Ula en Arabie saoudite, montrent également qu’elle était particulièrement recherchée », ajoute Luciani.

Selon les chercheurs, la production de QPW s’est poursuivie jusqu’au VIe siècle avant notre ère, bien après le début de l’âge du fer tardif, soit une longévité absolument sans égal pour une marque.

Plus tôt cette année, des archéologues avaient mis au jour des vestiges de l’époque romaine en Arabie Saoudite.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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