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Les cellules cancéreuses du col de l’utérus sont appelées « HeLa ». Elles sont immortelles et continuent de se diviser lorsque les autres cellules meurent. Cette capacité à survivre à travers des générations infinies de cellules les rend très intéressantes dans les expériences scientifiques.

Pourquoi les cellules HeLa sont importantes ?

Avant les cellules HeLa, les scientifiques cherchaient un moyen de cultiver et d’étudier les cellules humaines en laboratoire pour mener des études impossibles à faire chez une personne vivante. Quand les cellules cancéreuses du col de l’utérus ont été cultivées avec succès dans une boîte de Petri en 1951, les scientifiques avaient une source de cellules faciles à utiliser pour mener leurs recherches.

Ces cellules ont été découvertes à la mort d’Henrietta Lacks, une jeune mère atteinte du cancer du col de l’utérus. Les cellules HeLa doivent leur nom à cette femme : He pour Henrietta, et La pour Lacks.

— © Emw / Wikipedia

Mais comment les cellules de Lacks sont-elles devenues immortelles ?

Henrietta Lacks ne savait pas que les cellules de son col de l’utérus étaient infectées par un virus qui cause l’une des maladies sexuellement transmissibles les plus courantes : le papillomavirus humain. Il en existe plus de 150 souches différentes, mais seul un petit groupe est connu pour causer le cancer du col de l’utérus. Heureusement, la plupart des personnes infectées éliminent le virus naturellement avant qu’il ne devienne cancéreux. Les vaccinations contre le papillomavirus humain peuvent prévenir plus de 90 % des cancers, mais il reste 10 % des personnes qui ont un risque de développer un cancer. Malheureusement, Henrietta Lacks faisait partie de ces personnes malchanceuses. Néanmoins, son malheur a permis d’élucider le fonctionnement de ce virus. 

Deux protéines impliquées

Si ce virus a une capacité cancérigène, ce phénomène est lié notamment à deux protéines qu’il produit. Ces protéines virales sont en mesure de cibler et détruire deux protéines humaines majeures qui protègent contre le cancer : p53 et le rétinoblastome (Rb). Ces deux-là agissent comme des sentinelles : elles s’assurent que les cellules n’accumulent pas de mutations génétiques nocives et qu’elles cessent de se diviser après un nombre défini de cycles. Mais des recherches ont été menées sur la façon dont les protéines du papillomavirus interagissent avec ces protéines suppresseurs de tumeurs, et ce, dans plusieurs types de cellules humaines, y compris les fameuses cellules HeLa.

La plupart des cellules font environ 40 à 60 divisions avant de devenir trop vieilles pour fonctionner correctement et d’être naturellement tuées par l’organisme. Mais le papillomavirus a la capacité de permettre aux cellules de se diviser indéfiniment, parce qu’il s’attaque aux cellules sentinelles p53 et Rb en contrôlant la division incontrôlée.

Henrietta Lacks a été infectée par la souche 18 du papillomavirus, une souche cancérigène qui s’avère être la deuxième plus courante à haut risque. Ses cellules cervicales ont alors perdu la capacité de produire des sentinelles. Ainsi, sans contrôle de croissance en place, ces mauvaises cellules ont pu se diviser indéfiniment et sont devenues « immortelles ». Elles vivent d’ailleurs à ce jour à la fois dans des éprouvettes et dans les 70 000 études qu’elles ont rendu possibles.

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