— Esteban De Armas / Shutterstock.com

Il y a près d’un demi-milliard d’années, à la fin de la période ordovicienne, une extinction massive a anéanti 85 % des espèces marines. Les scientifiques ont maintenant utilisé la modélisation pour déterminer la principale cause de cette perte colossale de vie.

Une perte colossale de vie

Au cours des 500 derniers millions d’années, la planète a connu cinq extinctions massives, au cours desquelles 75 % ou plus des espèces ont disparu. Selon les archives fossiles, la première, intervenue durant l’Ordovicien, s’est produite il y a environ 440 millions d’années. À cette époque, les mers abritaient des groupes familiers comme les palourdes, les escargots et les éponges, mais aussi de nombreux autres groupes dont la diversité est aujourd’hui très réduite, voire totalement éteints, comme les trilobites, les brachiopodes et les crinoïdes.

Si l’extinction des dinosaures, causée par l’impact d’un astéroïde massif, est intervenue sur une période de temps relativement courte à l’échelle géologique, on estime que celle de l’Ordovicien-Silurien s’est étalée sur deux millions d’années. Des recherches précédentes suggérant un refroidissement du climat, des changements dans l’oxygénation de l’océan, voire un sursaut gamma comme cause principale, des scientifiques américains et français ont examiné l’environnement océanique avant, pendant et après l’extinction afin d’en savoir plus.

Dans une étude publiée dans Nature Geoscience, l’équipe a mesuré la concentration en iode des roches carbonatées de l’Ordovicien, qui a servi d’indicateur des concentrations d’oxygène à différentes profondeurs de l’océan. Les chercheurs ont ensuite intégré ces données géochimiques dans des simulations numériques et des modélisations informatiques afin d’examiner l’évolution des niveaux d’oxygène océaniques à cette époque.

Cimetière marin de l’Ordovicien — © Roman Deckert / CC BY 4.0

Le refroidissement du climat comme principal suspect

Il s’avère que rien ne prouve que l’oxygène ait diminué pendant cette période dans l’environnement marin peu profond où vivaient la plupart des animaux. Selon l’équipe, cela exclut la diminution de l’oxygénation comme cause unique de l’extinction massive de l’Ordovicien, et fait du refroidissement du climat le principal suspect. Fait intéressant, la recherche montre également qu’au même moment, les concentrations d’oxygène ont augmenté dans les océans plus profonds, ce qui ne peut être expliqué par le modèle classique de l’oxygénation océanique.

« L’oxygénation de l’océan supérieur en réponse au refroidissement était prévue, car l’oxygène atmosphérique se dissout préférentiellement dans les eaux froides », explique Alexandre Pohl, chercheur à l’université Bourgogne Franche-Comté et auteur principal de l’étude. « Cependant, nous avons été surpris de constater une anoxie étendue [manque d’oxygène] dans la partie inférieure de l’océan, phénomène généralement associé au réchauffement climatique induit par le volcanisme dans l’histoire terrestre. »

Les chercheurs estiment que l’anoxie en eaux profondes est intervenue lorsque le refroidissement global a modifié les modèles de circulation océanique, stoppant le flux d’eau riche en oxygène des eaux peu profondes vers les eaux profondes.

Fossiles de brachiopodes de l’Ordovicien affleurant sur l’île d’Anticosti, au Québec — © André Desrochers / University of Ottawa

Des preuves croissantes de chutes des niveaux d’oxygène dans des climats se refroidissant

« Pendant des décennies, l’école de pensée dominante dans notre domaine était que le réchauffement climatique abaissait les niveaux d’oxygène océanique et avait par conséquent un impact sur l’habitabilité marine, à même de déstabiliser l’ensemble de l’écosystème », explique Zunli Lu, chercheur à l’université de Syracuse et co-auteur de l’étude.

« Ces dernières années, des preuves de plus en plus nombreuses ont permis la mise en évidence de plusieurs épisodes de l’histoire de la Terre au cours desquels les niveaux d’oxygène ont également chuté dans des climats se refroidissant. »

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Auzarmes
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Auzarmes

Ce que l’on perçoit c’est que nous ne savons pas grand chose des variations de notre passé climatique et avons tout juste des hypothèses pour les expliquer ! Alors établir que le réchauffement actuel est d’origine anthropique reste une hypothèse non vérifiée par ce que nous savons de l’histoire des climats…….

garou01
Invité
garou01

même si l’homme n’en est pas forcément la cause première, l’origine ANTHROPIQUE de l’accélération du réchauffement climatique est LARGEMENT prouvée par des études faites sur les changements intervenus depuis le début de l’ère industrielle !

Malayet
Invité
Malayet

Quand un groupement comme le GIEC nous assomme de prédictions alarmistes basées sur une interprétation politique de données sur 150 ans en oubliant le reste, il faut faire la part des choses