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De manière générale, le vieillissement s’accompagne du déclin de nos capacités physiques et mentales. Mais cela n’est pas toujours vrai, et selon une nouvelle étude, certaines capacités cognitives ont même tendance à s’améliorer avec l’âge. Les personnes âgées sont notamment plus aptes à absorber de nouvelles informations en bloquant les distractions inutiles.

Une découverte très importante pour la compréhension du vieillissement

Il est tout à fait normal que certaines de nos capacités physiques et mentales diminuent avec l’âge. En effet, plus nous vieillissons, plus nous sommes sensibles et fragiles, et plus nous sommes sensibles à un bon nombre de maladies et de blessures en tout genre. Cela pourrait faire penser d’emblée que le vieillissement est un phénomène terriblement angoissant, mais il s’avère que vieillir n’est pas si mal, notamment en ce qui concerne nos capacités mentales. Selon une nouvelle étude réalisée par les chercheurs de l’université de Georgetown, certaines capacités cognitives auraient en effet tendance à s’améliorer avec l’âge.

Plus précisément, les chercheurs ont constaté que deux fonctions cérébrales clés, qui nous permettent d’assimiler de nouvelles informations et de nous concentrer sur ce qui est important dans une situation donnée, peuvent s’améliorer à partir de l’âge de 50 ans. Selon l’étude publiée dans la revue Nature Human Behavior, ces fonctions sous-tendent des capacités très importantes comme la mémoire, la prise de décision et la maîtrise de soi ; et sont même essentielles pour l’orientation, les mathématiques, le langage et la lecture. Selon les chercheurs, cette découverte est passionnante dans la mesure où cela pourrait être utilisé afin de développer de meilleures thérapies contre la maladie d’Alzheimer.

Elle pourrait également permettre de ralentir le vieillissement grâce à une amélioration délibérée de ces fonctions. « Ces résultats sont étonnants et ont des conséquences importantes sur la façon dont nous devrions voir le vieillissement », a ainsi déclaré Michael T. Ullman, auteur principal de l’étude, dans un communiqué. « Ces résultats changent non seulement notre vision de la façon dont le vieillissement affecte l’esprit, mais peuvent également conduire à des améliorations cliniques, y compris pour les patients atteints de troubles du vieillissement tels que la maladie d’Alzheimer », a-t-il ajouté.

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Une amélioration des fonctions qui peuvent être affinées avec la pratique

Pour en arriver à ces conclusions, les chercheurs ont analysé les données appartenant à 702 individus âgés de 58 à 98 ans. Cette tranche d’âge a été choisie, car c’est l’intervalle durant lequel la cognition change le plus souvent chez les humains, a rapporté le Daily Mail. Chez chaque participant, les chercheurs ont analysé trois composantes distinctes de l’attention et de la fonction exécutive ; à savoir la vivacité, c’est-à-dire « un état de vigilance et de préparation renforcées afin de répondre aux informations entrantes » ; l’orientation de l’attention, ou « le déplacement des ressources cérébrales vers un emplacement particulier dans l’espace » ; et l’inhibition exécutive, qui fait référence à la capacité de bloquer les informations gênantes pour se concentrer sur ce qui est important.

Les chercheurs se sont focalisés sur ces trois composantes parce que ce sont trois processus que nous utilisons très fréquemment dans nos activités quotidiennes. Une fois les analyses effectuées, les chercheurs ont constaté que seule la vivacité diminuait avec l’âge, alors que la capacité d’orientation de l’attention et d’inhibition exécutive s’améliorait. Mieux encore, il a été constaté que plus une personne vieillit, plus l’inhibition exécutive est optimisée. Par ailleurs, si la vivacité diminue avec l’âge, c’est parce qu’il s’agit d’une capacité qui ne peut être améliorée avec la pratique. Ce n’est pas le cas avec l’orientation et l’inhibition. Les scientifiques pensent en effet que ces capacités peuvent être améliorés avec une pratique continue. Et c’est l’amélioration de ces capacités qui pourrait contrebalancer les déclins neuronaux sous-jacents.

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