Tabac, malbouffe, alcool… Un mode de vie plus sain éviterait 4 cancers sur 10 en France

Depuis des siècles, la médecine a fait d’énormes progrès. Des maladies ont disparu, d’autres sont plus faciles à soigner et de fait, la population vit plus longtemps et augmente. Néanmoins, il existe encore des maladies faisant des dégâts et que les chercheurs ont plus de mal à guérir : le cancer en fait partie. Il semblerait pourtant que certains soient évitables en faisant plus attention. 

Quatre cancers sur dix évitables en France

Ce n’est pas vraiment une surprise : en France, le cancer est la première cause de mortalité, devant les maladies cardiovasculaires. Chez les 30 ans et plus en 2015, on a recensé 346 000 cas de cancer diagnostiqués. Et d’après le ministère de la Santé, en 2013, les tumeurs ont tué 164 000 personnes. Ce qui est considérable. Néanmoins, des chiffres publiés par deux autorités de santé récemment démontrent que quatre cancers sur dix pourraient être évités en France. Tout cela si l’on tient compte des quatre facteurs principaux, à savoir le tabac, l’alcool, une mauvaise alimentation et l’obésité. Ce sont donc pas moins de 40 % des cancers diagnostiqués dans le pays qui seraient évitables.

Selon le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et Santé Publique France, chacun de ces risques tue beaucoup plus qu’il ne devrait. Ainsi dans un communiqué, le CIRC explique que sur les 346 000 cas diagnostiqués en 2015 chez les 30 ans et plus, « 142 000 (41 %) auraient pu être évités si l’ensemble de la population n’avait pas été exposé aux facteurs de risque étudiés ou si son exposition avait été limitée ». La ministre de la Santé Agnès Buzyn le rappelle, « trop peu de Français sont conscients des risques qu’ils prennent ». Elle a d’ailleurs défendu sa politique contre le tabac lors du centenaire de la Ligue contre le cancer en mars dernier. De fait en 2015, le tabac a été responsable de 20 % de nouveaux cas évitables. Cela fait 68 000 diagnostics.

Le tabac et l’alcool sont les deux facteurs principaux de développement de cancer

Tabac, alcool et malnutrition en ligne de mire

Concernant le tabac, le CIRC souligne que les cancers dus au tabagisme (cancers du poumon principalement) touchent surtout les classes populaires, avec un risque « 1,5 à 2 fois plus élevés chez les 20 % les plus défavorisés par rapport aux 20 % les plus favorisés ». Au niveau des fumeurs, on a constaté depuis les années 50 que les hommes fument de moins en moins. En revanche, Santé publique France rappelle « l’entrée en masse des femmes dans le tabagisme », surtout au niveau de la génération « baby-boom » (née entre 1945 et 1965). Ainsi, en nombre de cancers, cet attrait de la cigarette chez les femmes « aura des conséquences néfastes qui vont augmenter » jusqu’aux alentours de 2045. Le tabac n’est hélas pas le seul facteur évitable.

En France, l’alcool provoque 8 % des nouveaux cas de cancers évitables, soit 28 000 cas. Cela implique des cancers de différentes parties de l’appareil digestif, mais aussi du sein. Les auteurs d’études ont estimé que la France pouvait faire beaucoup mieux dans la prévention de l’alcoolisme. Le CIRC plaide pour une action sur les coûts telle que « l’augmentation des prix et des niveaux de taxation ». Quant à Santé publique France, elle juge que « les actions de prévention ne sont à ce jour pas aussi développées que celles qui visent la réduction du tabagisme ». On peut se demander si l’habitude culturelle liée au vin par exemple n’explique pas cela… De leur côté, l’alimentation déséquilibrée et l’obésité sont chacune responsables de 5,4 % des nouveaux cas de cancer (18 800 et 18 600 respectivement). Côté « malbouffe », le CIRC pointe le risque d’une « faible consommation de fruits, de légumes, de fibres alimentaires et de produits laitiers, ainsi qu’une consommation élevée de viandes rouges et de viandes transformées ». Ce phénomène semble plus toucher les hommes.

La malbouffe est également un facteur évitable dans les cas de cancer

Il existe d’autres facteurs évitables comme les « agents infectieux » (4 % des nouveaux cas) et les « expositions professionnelles » (3,6%) à l’amiante ou aux pesticides. Mais ils sont plus rares. En tout cas, ces chiffres révèlent que si le cancer est la maladie la plus meurtrière en France aujourd’hui, il pourrait être éviter dans 40 % des cas en ayant une hygiène de vie plus saine et une meilleure alimentation.


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