Une tumeur cancéreuse modifie le système immunitaire, et l’immunothérapie permet de stimuler ce dernier afin qu’il s’y attaque. Selon cette nouvelle étude, ce principe pourrait également s’appliquer dès le stade précancéreux.

Une découverte majeure

Contrairement à la chimiothérapie, qui cherche à détruire la tumeur cancéreuse, l’immunothérapie aide le système immunitaire à reconnaître les cellules cancéreuses et à s’en débarrasser. Une équipe de chercheurs français de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) vient de découvrir que le système immunitaire du patient était également perturbé avant que le cancer ne se déclare, ce qui ouvre la voie à un diagnostic et une prise en charge des patients plus précoces, et donc plus efficaces.

Dans le cadre de leurs recherches, dont les conclusions on été présentées dans la revue Nature, les scientifiques de l’Inserm ont analysé une centaine de biopsies pulmonaires effectuées sur des fumeurs (présentant un risque 10 à 15 fois supérieur de développer un cancer du poumon) et constaté que le fonctionnement de leur système immunitaire était altéré dès l’apparition des cellules précancéreuses. Une découverte qui représenterait un véritable espoir dans la lutte contre le cancer, en permettant de démarrer des traitements préventifs.

« Booster le système immunitaire dès l’apparition des lésions précancéreuses »

Comme l’a expliqué Jérôme Galon, directeur de recherche à l’Inserm et co-auteur de l’étude : « Au stade précancéreux, le système immunitaire commence déjà à être endormi avec ses globules blancs qui sont moins capables de reconnaître les cellules qu’ils doivent normalement détruire. L’immunothérapie est très efficace au stade métastatique d’un vrai cancer et on pourrait imaginer utiliser ce type de traitement pour booster le système immunitaire dès l’apparition des lésions précancéreuses. »

Selon le chercheur, cette découverte ouvre « des portes thérapeutiques très importantes », et permettrait d’utiliser l’immunothérapie à un stade extrêmement précoce, c’est-à-dire avant même que les cellules anormales ne se transforment en cellules cancéreuses. Bien que les stades précancéreux ne soient pas toujours identifiés, ils peuvent l’être, notamment pour les grands fumeurs, à l’occasion de divers examens de contrôle, comme une bronchoscopie ou une coloscopie.

On rappelle que le cancer du poumon reste la forme de cancer la plus meurtrière en France, avec plus de 30 000 décès chaque année.

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