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De récentes recherches suggèrent que des différences biologiques expliqueraient en grande partie pourquoi les hommes sont davantage susceptibles que les femmes de développer certains cancers.

Une « susceptibilité » masculine au cancer

On estime qu’environ un homme sur deux développera une forme de cancer au cours de sa vie, contre une femme sur trois. Pendant de nombreuses années, les médecins pensaient qu’une telle différence était due au fait que les premiers cités étaient plus susceptibles d’adopter des comportements à risque (tabagisme, alcool…) et d’exercer des professions (travail en usine notamment) impliquant une exposition plus importante aux substances cancérigènes.

Toutefois, les choix de mode de vie ne suffisent pas à expliquer cet écart, persistant une fois l’ensemble des facteurs autres que le sexe pris en compte (les spécialistes du cancer pédiatrique ont ainsi noté un biais similaire chez les bébés et les très jeunes enfants atteints de leucémie).

Dernièrement, différents travaux ont suggéré une « susceptibilité » masculine au cancer intrinsèque, et il se trouve que la nouvelle étude, publiée dans la revue CANCER, donne davantage de poids à cette hypothèse. Ayant porté sur plus de 170 000 hommes et 122 000 femmes âgés de 50 à 71 ans et suivis pendant plus de quinze ans, celle-ci a évalué le risque pour 21 types de cancer différents.

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Au cours de la période de suivi, 17 951 nouveaux cancers ont été diagnostiqués chez les sujets masculins contre 8 742 chez les sujets féminins. Globalement, les premiers cités étaient 11 fois plus susceptibles de développer un cancer de l’œsophage, et présentaient un risque 3,5 fois plus élevé de cancer du larynx, de l’estomac et de la vessie, même après ajustement pour un large éventail de comportements à risque et d’exposition à des substances cancérigènes connues.

Des différences biologiques intrinsèques

« Nos résultats montrent que les expositions environnementales n’expliquent que partiellement les écarts entre les sexes en matière d’incidence du cancer », explique Sarah Jackson, auteure principale de l’étude. « Ils suggèrent qu’il existe des différences biologiques intrinsèques. »

Bien qu’il s’agisse d’une étude purement observationnelle, ne permettant pas de déterminer de relation de cause à effet, les hormones stéroïdes sexuelles pourraient expliquer certaines de ces différences. Des niveaux élevés de testostérone ont été précédemment associés à un risque plus élevé de cancer de la peau et du foie chez les hommes, et la progestérone et les œstrogènes liés à des taux plus faibles de cancer du côlon chez les femmes.

« Des réponses immunitaires innées et adaptatives plus fortes chez les femmes pourraient réduire la susceptibilité au cancer », spéculent les auteurs de l’étude. « Les femmes présentent une réponse immunitaire plus robuste aux infections oncogènes, telles que les virus de l’hépatite B et C et le papillomavirus humain, ce qui induirait respectivement un risque plus faible de cancers du foie et de l’oropharynx. »

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