Beauté
— Sarah Furlan / Shutterstock.com

Même si la beauté est censée être subjective, il existe dans notre société de nombreux standards qui veulent définir avec exactitude comment il faut la percevoir. Parmi ces standards, il y a le nombre d’or, un critère géométrique de la beauté universelle. Mais à quel point ce critère est-il fiable ?

Le nombre d’or : qu’est-ce que c’est ?

La manière dont on perçoit la beauté est très variable d’une personne à une autre. En effet, chacun a ses propres références en matière de beauté en fonction de sa culture, de ses goûts et de ses préférences. Mais à l’ère de la mondialisation, on veut de plus en plus imposer des standards dans la société, et c’est également valable en ce qui concerne la beauté du visage. Si certains se fient aux tendances lancées par les célébrités et les médias, d’autres se réfèrent à ce que l’on appelle le nombre d’or de la beauté.

Également connu sous le nom de ratio d’or, proportion dorée, nombre de Fibonacci ou proportion divine, le nombre d’or est primordialement défini en géométrie comme étant deux quantités dont le rapport est le même que le rapport de leur somme à la plus grande des deux quantités. Exprimé algébriquement, pour des quantités a > b > 0, on a : (a + b) / a = a / b = φ ; φ (phi) désignant le fameux ratio d’or. La résolution algébrique de cette équation donne le nombre irrationnel φ = (1 + √5) / 2 ; soit φ = 1,62.

C’est ce même nombre qui est utilisé pour définir le ratio d’or de la beauté, car cet algorithme de symétrie mathématique serait ce qui sous-tend fondamentalement notre perception de l’attractivité. Étonnamment, ce fameux nombre d’or est répandu dans la géométrie naturelle, dans la spirale des fleurs, des pommes de pin et les bras spiraux de certaines galaxies. On dit également qu’il est présent sur certains visages humains. Ce serait notamment le cas pour le visage de Mona Lisa sur le célèbre tableau La Joconde de Léonard de Vinci.

Aucun nombre ne peut définir universellement la beauté

Ainsi, certaines personnes affirment que le ratio d’or est le standard de la beauté suprême et fournit un critère essentiel pour l’attractivité d’un visage. Parmi ces personnes, il y a le chirurgien esthétique Stephen Marquardt. En se basant sur le ratio d’or, Marquardt a créé en 2002 un masque facial géométrique censé représenter les proportions faciales idéales. Marquardt a affirmé que ce masque pouvait être utilisé pour évaluer objectivement la beauté du visage d’une personne.

Ce fameux masque est très populaire auprès des amateurs de chirurgie esthétique et d’orthodontie afin d’obtenir un résultat esthétique parfait. Mais malgré la forte influence que Marquardt a su imposer avec son nombre d’or et son masque géométrique, ces outils ne sont pas fiables parce qu’ils omettent de nombreux paramètres, dont l’ethnicité, la biologie et la culture. En effet, des études ont montré que le masque ne représente en fait que les proportions des visages des femmes originaires de l’Europe du Nord-Ouest.

Une étude sur les participantes et les gagnantes du concours Miss Univers entre 2001 et 2015 a notamment démystifié le ratio d’or de la beauté de manière frappante. Les résultats de l’étude ont montré qu’il n’y avait pas de corrélation significative entre les proportions des visages de ces femmes et les proportions du nombre d’or du masque. Autrement dit, ce fameux masque n’est finalement qu’un mythe, du moins en ce qui concerne la perception de la beauté et de l’attractivité du visage d’une personne.

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