— Glass and Nature / Shutterstock.com

Des cacatoès sauvages ont été observés en train de fabriquer plusieurs types d’outils et de les utiliser dans un ordre spécifique pour ouvrir des fruits. Jusqu’à un présent, des compétences aussi avancées n’avaient été documentées que chez les humains et certains primates.

Des expériences révélatrices

Originaires d’Indonésie, les cacatoès de Goffin sont des créatures particulièrement intelligentes. Lors d’études antérieures réalisées en captivité, les chercheurs avaient observé un petit cacatoès particulièrement rusé, nommé Figaro, fabriquer des râteaux pour atteindre la nourriture placée juste à l’extérieur de sa cage, et apprendre aux autres oiseaux comment faire. Toutefois, on ignorait jusqu’à présent si les cacatoès sauvages faisaient de même, et si oui, dans quelle mesure.

Dans le cadre de travaux publié dans la revue Current Biology, des chercheurs du Tanimbar Goffin Lab ont étudié les cacatoès pendant des années, conservant des groupes de 15 oiseaux dans une volière pendant quelques mois avant de les relâcher. S’il ne s’est pas passé grand-chose lorsque les oiseaux ont reçu des aliments de base comme des papayes et des noix de coco, les choses ont changé lorsque des fruits issus d’un manguier local connu sous le nom de « wawai » et considérés comme plus difficiles à manger, leur ont été proposés.

De la taille d’un avocat et toxiques pour l’Homme, ceux-ci contiennent une pulpe rougeâtre, entourant un noyau dur renfermant de petites graines nutritives particulièrement appréciées par les oiseaux. Les scientifiques ont vu l’un des spécimens mâles fabriquer rapidement non pas un, mais trois types d’outils différents, utilisés successivement afin d’accéder à ce précieux contenu.

Trois outils différents pour autant d’étapes

Après avoir rapidement arraché l’enveloppe du fruit, le cacatoès a brisé un petit morceau de branche d’un arbre voisin, et a utilisé son bec puissant et courbé pour retirer l’écorce de la brindille et la tailler en pointe. À l’aide de sa langue, l’animal a glissé cette dernière dans une fissure du noyau, l’utilisant comme un levier pour l’ouvrir, puis a fabriqué un second outil, plus mince et pointu, afin de percer la peau interne rigide entourant les graines. Enfin, celui-ci a fabriqué un troisième outil encore plus fin qu’il a utilisé comme une cuillère pour extraire et consommer les graines.

Bien que deux spécimens seulement de ce groupe de 15 oiseaux aient été vus en train de fabriquer ces outils, l’équipe explique avoir trouvé certains de ces outils dans la nature, dont un encore coincé dans un fruit. Ce qui suggère que les cacatoès se transmettent des connaissances, selon un type d’apprentissage culturel déjà observé chez d’autres espèces comme les dauphins et les primates.

Selon l’équipe, ce type d’utilisation séquentielle de différents outils n’avait jusqu’à présent été observé que chez l’Homme, le chimpanzé et le singe capucin. Toutefois, il ne s’agit pas du premier exemple de fabrication avancée d’outils chez les oiseaux. Il y a quelque années, des corbeaux avaient notamment été vus en train d’assembler des outils à partir de différents objets, faisant preuve d’un autre type d’ingéniosité que l’on croyait hors de leur portée.

Schéma détaillant le mode opératoire des cacatoès — © Mark O’Hara et al. / Current Biology

COMMENTEZ

connectez-vous pour commenter
avatar
  S’abonner  
Notifier de