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— © Barbara Klump

De nouvelles recherches montrent que les cacatoès s’enseignent mutuellement de nouvelles astuces afin d’accéder au contenu des poubelles des banlieues résidentielles de Sydney, et que les stratégies les plus efficaces pour les en empêcher se transmettent également entre humains.

Guerre des poubelles

Tout a commencé lorsque les cacatoès à huppe jaune (Cacatua galerita) ont découvert que les poubelles des particuliers contenaient souvent de la nourriture, incluant du pain et des fruits, très appréciés des oiseaux. Bien que les couvercles soient lourds, une poignée de volatiles ont découvert qu’ils pouvaient les ouvrir par l’avant, en saisissant le couvercle avec leur bec et en se déplaçant en direction de la charnière.

Constituant une nuisance pour les résidents (avec des déchets éparpillés dans leurs cours et leurs rues), ce comportement au départ observé dans trois banlieues de Sydney en 2018 s’était un an plus tard étendu à 44 d’entre elles, indiquant que les cacatoès l’avaient appris en se copiant mutuellement.

Pour cette nouvelle étude publiée dans la revue Current Biology, Barbara Klump et ses collègues de l’Institut Max Planck se sont concentrés sur l’aspect humain de cette « guerre culturelle ». L’équipe a observé les stratégies utilisées pour protéger plus de 3 000 poubelles dans quatre banlieues où les méfaits des cacatoès avaient été signalés, et a recueilli les témoignages de 1 134 résidents dans le cadre d’une enquête en ligne.

Si certains résidents avaient commencé à placer des briques et d’autres objets sur le couvercle de leurs poubelles, certains oiseaux affamés avaient rapidement compris qu’ils pouvaient déplacer ces objets avec leur tête. N’ayant pas encore été déjouée, une technique répandue consistait à coincer un bâton ou une paire de baskets entre les charnières et la poubelle afin d’empêcher l’ouverture du couvercle.

« Il s’agit d’une forme d’apprentissage social à la fois du côté des cacatoès et des humains »

Les auteurs de l’étude ont constaté que les tactiques employées s’étaient majoritairement transmises via le bouche à oreille entre voisins, indiquant que tout comme les cacatoès, les humains observaient et copiaient leurs congénères, ce qui constitue selon eux un exemple rare de « course aux armements ».

« Il s’agit d’une forme d’apprentissage social à la fois du côté des cacatoès et des humains », souligne Klump. « On pensait autrefois que seuls les humains avaient une culture, en termes d’innovations se propageant entre les groupes, mais des exemples ont maintenant été observés chez plusieurs types d’animaux, comme les singes, les baleines et même les insectes. »

L’an passé, une autre étude avait montré que les cacatoès étaient également capables de fabriquer différents outils pour se nourrir.

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