
En 2009, un « heureux accident » s’est produit en Islande. Lors de forages menés dans le champ géothermique de Krafla, des chercheurs ont atteint un réservoir de magma partiellement fondu, fournissant un aperçu sans précédent de la géologie de notre planète.
Pas d’apocalypse volcanique
La chambre magmatique se trouvait à environ 2 100 mètres sous la surface. À l’époque, on craignait qu’une telle action puisse à minima endommager l’équipement, et dans le pire des cas déclencher une éruption volcanique. Cependant, rien de tout cela ne s’est produit : au contact des fluides de forage, le magma s’est rapidement refroidi, formant du verre volcanique frais.
Au cours des années suivantes, les fragments de ce matériau ont été minutieusement étudiés, contribuant ainsi à éclairer les processus intervenant au niveau de la croûte terrestre, et l’activité des volcans.
« Il s’agit essentiellement de capsules temporelles », expliquait en 2014 Ben Kennedy, de l’université de Canterbury. « Elles nous aident à déterminer la pression, la température et la teneur en gaz du magma sous les systèmes volcaniques actifs. »

Des découvertes précieuses
Dans le cadre de travaux récemment publiés dans la revue Nature, Janine Birnbaum et ses collègues de l’université Ludwig-Maximilian de Munich ont utilisé des techniques de microscopie et d’analyse chimique avancées afin d’étudier la vésicularité (présence de bulles) du verre volcanique et la composition des gaz dissous.
Il s’est avéré que le magma était stocké sous pression lithostatique, avec une saturation en volatiles comme l’eau et le dioxyde de carbone influençant sa stabilité et sa mobilité. Des recherches approfondies ont montré que lorsqu’il était perturbé, par exemple par un forage, sa remontée vers la surface était contrôlée par ces conditions, limitant le risque d’éruption volcanique.
Selon l’équipe, de telles découvertes vont contribuer à l’élaboration de modèles plus précis pour la prévision du risque volcanique, permettre la mise en place de méthodes d’aménagement plus sûres dans les zones concernées, et pavent également la voie au forage géothermique à très haute température (source d’énergie renouvelable notamment explorée par la Nouvelle-Zélande), dans le monde entier.
L’an passé, des architectes avaient proposer d’utiliser la lave des volcans islandais pour bâtir les villes du futur.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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