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Des scientifiques américains ont récemment montré que le fait d’ajouter de faibles quantités d’algues à l’alimentation des bovins constituait une approche viable à long terme pour réduire significativement leurs émissions de méthane.

Une approche prometteuse

Les bovins constituant une source importante d’émissions de gaz à effet de serre, principalement en raison de leurs rots chargés de méthane. Dans le cadre de travaux présentés dans la revue PLOS One, une équipe de chercheurs de l’université de Californie et du CSIRO a déterminé que des suppléments quotidiens d’une algue poussant dans les eaux tropicales australiennes permettaient de limiter drastiquement ce type d’émissions, sans affecter leur santé.

Le méthane n’est peut-être pas un gaz à effet de serre aussi abondant que le dioxyde de carbone, mais il compense cela par son pouvoir réchauffant : sur une période de 20 ans, il piège 84 fois plus de chaleur que le CO2. Le secteur de l’agriculture est le principal émetteur de ce gaz, le bétail rejetant 37 % de l’ensemble du méthane issu des activités humaines, dont les niveaux auraient été sous-estimés.

Si une réduction de notre consommation de viande rouge constitue évidemment un moyen efficace de réduire les émissions de méthane, faire évoluer le régime alimentaire du bétail s’avère également utile.

Durant cinq mois, les chercheurs ont donné à 21 bovins différentes quantités d’Asparagopsis taxiformis, semblant agir en perturbant les enzymes présentes dans l’intestin des animaux qui produisent du méthane. Grâce à un dispositif expérimental, l’équipe a mesuré les niveaux de méthane dans l’haleine des vaches quatre fois par jour, et il s’est avéré que les animaux consommant des doses quotidiennes d’algues d’environ 80 grammes rejetaient 82 % moins de méthane que les vaches témoins, tout en présentant le même gain de poids.

Aucune incidence sur le goût de la viande ou du lait

Il est par ailleurs important de noter que l’efficacité de la réduction du méthane est restée constante durant la totalité de l’expérience, et que des tests ont révélé que cette supplémentation en algues n’avait aucune incidence sur le goût de la viande ou du lait provenant des animaux ayant suivi ce régime alimentaire.

« Nous avons maintenant des preuves solides que l’ajout d’algues à l’alimentation du bétail permet de réduire efficacement ses émissions de gaz à effet de serre et que l’efficacité de cette approche ne diminue pas avec le temps », a estimé Ermias Kebreab, co-auteur de l’étude.

Il reste cependant quelques obstacles logistiques à surmonter. L’équipe indique qu’il est actuellement difficile de cultiver cette algue particulière à grande échelle, et les moyens d’administrer ces suppléments aux vaches en pâturage libre doivent également être explorés. Les chercheurs prévoient d’étudier ces problématiques dans de futurs travaux.

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