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De nouvelles analyses suggèrent que le cétacé à fanon de 12 mètres s’étant échoué sur les côtes de Floride en 2019 appartiendrait à une toute nouvelle espèce de baleine, évoluant dans le golfe du Mexique.

Une nouvelle espèce déjà menacée

Décrite dans la revue Marine Mammal Science, cette nouvelle espèce a été baptisée baleine de Rice (Balaenoptera ricei), en l’honneur de Dale Rice, spécialiste des cétacés disparu en 2017. Au milieu des années 1990, le scientifique avait identifié une population restreinte de baleines évoluant toute l’année dans la partie nord-est du golfe du Mexique, que l’on pensait à l’époque constituer une sous-population de rorquals de Bryde.

D’après la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), on dénombrerait actuellement moins d’une centaine de baleines de Rice, ce qui la place automatiquement sur la liste des espèces en danger critique d’extinction.

En 2008, les scientifiques de la NOAA avaient effectué une analyse génétique d’échantillons de tissus de cette mystérieuse population du golfe, suggérant que la population était génétiquement distincte des autres rorquals de Bryde. Mais en l’absence de crâne à analyser, ceux-ci n’avaient pas été en mesure d’établir de façon définitive qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce à part entière.

Il a fallu attendre 2019 pour que la situation évolue, suite à l’échouage d’une carcasse de cétacé de 12 mètres de long près de Sandy Key (Floride). « Les mesures et autres données de l’autopsie [ayant révélé la présence d’un morceau de plastique dans son intestin susceptible d’avoir contribué à sa mort] ont suggéré que le spécimen valait la peine d’être examiné de plus près », explique Patricia Rosel, auteure principale de l’étude. « L’étude de la morphologie de son crâne nous a permis d’effectuer des comparaisons avec ceux des rorquals de Bryde. »

Des divergences anatomiques révélatrices

Afin de pouvoir étudier l’énorme squelette dans des conditions optimales, la carcasse a été enterrée pendant plusieurs mois. Une fois débarrassés des restes de matière organique, les os ont été envoyés au Smithsonian’s National Museum of Natural History, où Rosel et ses collègues ont pu étudier le spécimen en détail. Ce qui leur a permis de mettre en évidence des divergences anatomiques révélatrices par rapport au rorqual de Bryde, en particulier en ce qui concerne les os entourant l’évent de l’animal, situé sur le dessus de son crâne.

Actuellement, on estime que les baleines de Rice peuvent peser jusqu’à 27 tonnes et atteindre une longueur de 13 mètres (contre 15 mètres en moyenne pour les rorquals de Bryde). Leur espérance de vie a été évaluée à 60 ans environ, bien que les auteurs de l’étude soulignent que davantage de données seront nécessaires pour établir précisément un âge maximum.

« Même une chose aussi grande qu’une baleine peut se trouver là et être réellement différente de toutes les espèces précédemment décrites, sans même que nous le sachions », a souligné Rosel. « Cela met réellement en lumière le besoin urgent de conservation et de protection de ces animaux dans le golfe. »

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