Au Pérou, des paléontologues ont retrouvé un fossile de baleine à quatre pattes. L’animal foulait la Terre et les océans il y a 42,6 millions d’années, et la découverte de ses os est une avancée très importante pour les scientifiques. Explications.

Quelle a été la découverte ?

En 2011, des paléontologues ont sorti de terre un fossile particulièrement bien conservé d’un amphibien, qui vivait il y a 42,6 millions d’années. Une partie de sa mâchoire, des dents, des vertèbres, des côtes, ainsi qu’une partie de ses pattes et de ses doigts avaient été retrouvées. Aujourd’hui, après 8 ans de recherche, les scientifiques publient leur rapport dans la revue Curent Biology.

L’animal a été déterré à Playa Media Luna, à 250 kilomètres de Lima, la capitale péruvienne. Les paléontologues l’ont découvert à un kilomètre de la côte Pacifique. Le mammifère a été nommé “Peregocetus pacificus”, ce qui veut dire “la baleine itinérante qui a atteint l’océan Pacifique”. Car, en effet, l’animal n’est autre que l’ancêtre de la baleine, le plus grand animal marin de nos temps.

Quel est l’apport de ce fossile dans la paléontologie ?

Les os de l’animal ont permis aux chercheurs de reconstituer son anatomie. Et d’après eux, l’amphibien âgé de 42,6 millions d’années était capable de marcher comme de nager. Olivier Lambert, paléontologue à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique a expliqué : “une partie des vertèbres de la queue montrait de bonnes similitudes avec celles de mammifères semi-aquatiques actuels comme les loutres. On aurait donc un animal qui aurait commencé à utiliser de plus en plus la queue pour la nage, ce qui le différencie de formes plus anciennes d’Inde et du Pakistan”.

Récemment, d’autres fossiles avaient été retrouvés en Amérique du Nord. Ils dataient d’il y a 41,2 millions d’années, et sont donc plus récents de celui du Pérou. Ils montraient, qu’à cette époque, les amphibiens ne marchaient plus sur terre, mais vivaient dans les océans. La nouvelle découverte au Pérou est donc extrêmement importante car elle permet d’enrichir et de compléter les connaissances sur l’évolution des baleines, et de mieux comprendre leur passage de la terre aux océans.

De plus, les scientifiques ont été impressionnés par la conservation exceptionnelle du fossile. Le bassin de Pisco sur la côte péruvienne pourrait donc abriter encore bien des trésors paléontologiques. “C’est du travail pour au moins les 50 ans à venir”, a déclaré Olivier Lambert.

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