Depuis le début de la propagation de l’épidémie de coronavirus, 121 564 cas ont été signalés et 4 373 individus en sont décédés, au moment où nous sommes en train d’écrire. Elle touche désormais 118 pays à travers le monde. Si les spécialistes tentent de faire comprendre à chacun qu’il ne faut pas paniquer, les conséquences sont de taille dans de nombreux domaines, tels que celui des transports aériens. En effet, même s’ils sont vides à cause du coronavirus, les avions doivent quand même voler. Une situation qui pose de graves problèmes économiques, mais aussi écologiques. 

Les compagnies aériennes obligées de réaliser au moins 80 % de leurs vols

Selon la loi, les compagnies aériennes sont obligées de maintenir au moins 80 % de leurs vols, même si leurs avions sont vides, comme cela est le cas avec l’épidémie de coronavirus. Mais pour quelle raison exactement ?

En effet, si les compagnies ne souhaitent pas risquer de perdre leurs créneaux de décollage et d’atterrissage l’année prochaine, il se doivent de respecter ce pourcentage de vols maintenus, que leurs avions soient vides ou non. Cette législation porte le nom de “règle des 80/20”, datant de 1993. De plus, il s’agit d’une règle que les Anglo-Saxons appellent “use it or lose it”.

Dans le cadre de l’épidémie de coronavirus, il s’agit d’une réelle contrainte pour les compagnies qui se voient obligées de réaliser des trajets d’avions dits “fantômes” avec très peu de voyageurs, voire aucun. 

— PixieMe / Shutterstock.com

Une réglementation à l’origine de conséquences écologiques et économiques dramatiques

Néanmoins, une telle réglementation est à l’origine d’une consommation de carburant extrême sans oublier que l’avion est un moyen de transport des plus polluants. En raison de l’impact écologique de ces avions fantômes, Grant Shapps, secrétaire d’État britannique aux Transports, a annoncé qu’il souhaitait modifier cette réglementation. “Un tel scénario n’est pas acceptable. Il n’est pas dans l’intérêt de l’industrie, des passagers ou de l’environnement et doit être évité.” L’Association internationale du transport aérien (AITA) a à son tour annoncé vouloir suspendre de manière temporaire cette réglementation.

D’autres gouvernements ont également abordé le sujet, notamment en France. “Je suis intervenu auprès du Commissaire européen Paolo Gentiloni pour demander que les compagnies aériennes puissent conserver leur créneau aérien sans avoir à faire tourner leurs avions à vide dans le ciel”, a expliqué Bruno Le Maire, ministre français de l’Économie. Le Parlement européen s’est également exprimé : “Des centaines d’avions volent actuellement à vide en Europe, du fait de la règle du “use it or lose it”. Cette situation est une absurdité écologique comme économique. En tant que présidente de la Commission des transports au Parlement européen, j’ai saisi la Commission européenne pour que cela cesse !”, a rapporté la députée européenne Karima Delli. 

De plus, les compagnies aériennes espèrent réellement que la propagation de l’épidémie sera moins intense à l’arrivée de l’été prochain. En effet, depuis l’arrivée du coronavirus, l’industrie aérienne a perdu plus de 113 milliards de dollars.

L’Europe annonce donc la limitation des vols fantômes

Face à de telles réactions, la Commission européenne va assouplir temporairement cette réglementation concernant les créneaux des avions afin d’éviter les vols fantômes et aider les compagnies aériennes face aux conséquences de l’épidémie, comme l’a annoncé la présidente Ursula von der Leyen ce mardi 10 mars. “La Commission va présenter très rapidement une législation sur les créneaux aéroportuaires. Nous voulons qu’il soit plus facile pour les compagnies aériennes de garder leurs créneaux aéroportuaires même si elles n’opèrent pas de vols dans ces créneaux en raison du déclin du trafic.” Elle a également ajouté “qu’il s’agirait d’une mesure temporaire”, sans en donner plus de détails. 

Cela soulagera la pression sur l’industrie aérienne et en particulier sur les plus petites compagnies. Mais cela fera aussi baisser les émissions de gaz à effet de serre en évitant les “vols fantômes”, quand les compagnies font voler des avions presque vides juste pour garder leurs créneaux”, a également expliqué Ursula von der Leyen. L’Union européenne avait d’ailleurs déjà mis en place de telles réglementations en 2003, avec l’épidémie de Sras, et à la suite des attentats du 11 septembre 2001. 

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Cyril VCANDY CHICOFirst Auteurs de commentaires récents
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Si vous faites un voyage par avion en réservant vous-meme,il y aura une utilité mais si c’est par un tour operator que le voyage est encadré,minuté cela n’a pas d’utilité,autant regarder son poste de television et ne pas polluer.Les voyages et internet ont changé les mentalités et ont permis de… Lire la suite »