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Ce calendrier de l’an 180 montre comment la politique s’est emparée de la religion chez les Mayas

Au Mexique, la mise au jour du plus ancien calendrier maya bouleverse nos connaissances. Ce vestige date de l’an 180. Il montre comment les premiers souverains utilisaient les rituels sacrés. Leur but était simple : légitimer leur pouvoir politique.

Trois stèles mayas érodées au cœur d’un site archéologique forestier.
Ces stèles évoquent la découverte d’un calendrier maya ancien lié aux rituels de pouvoir et à la légitimation politique des premiers souverains. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

La découverte d’un vestige historique inédit par les archéologues américains sur le site mexicain d’El Palmar

Des chercheurs de l’université de Californie ont identifié une relique essentielle. En effet, leurs fouilles à Campeche ont révélé un compte long. Concrètement, c’est un système chronologique vertical. Les Mayas l’utilisaient pour graver les moments forts de leurs dynasties.

Par conséquent, cette trouvaille bouscule la chronologie archéologique actuelle. Auparavant, les spécialistes considéraient un calendrier de l’an 292 comme le plus ancien. Cependant, ces nouvelles pierres gravées changent la donne. Elles renvoient désormais cette pratique à l’an 180.

L’usage des technologies numériques permet de lire trois stèles de pierre fortement dégradées par le temps

L’étude des trois stèles numérotées a demandé beaucoup de patience aux équipes scientifiques. En réalité, deux millénaires d’intempéries et d’érosion avaient presque totalement effacé les motifs rocheux. De ce fait, le déchiffrage direct s’avérait complètement impossible à l’œil nu.

Pour surmonter cet obstacle, les experts ont employé un scanner 3D. De plus, ils ont utilisé des procédés de photométrie avancés. Ainsi, ces outils modernes ont reconstitué virtuellement les reliefs. Les symboles abîmés sont enfin réapparus clairement.

Ensuite, les résultats ont révélé l’inscription chiffrée 8.7.1.0.0. Dans notre propre calendrier, cette suite correspond au 31 août 180. Autrement dit, cette date marque une période charnière pour les communautés de cette vaste région.

Une alliance politique et stratégique calculée entre le pouvoir royal et le culte mystique du dieu Jaguar

Cette date précise coïncide avec un moment historique doublement symbolique. D’une part, elle marque l’intronisation officielle d’un nouveau dirigeant. D’autre part, elle célèbre le mystique dieu Jaguar. En effet, il incarnait la divinité majeure du monde souterrain.

Les dirigeants de cette époque planifiaient minutieusement leur calendrier officiel. Ainsi, associer ces deux grands événements constituait une manœuvre politique hautement méthodique. L’objectif principal consistait à unifier rapidement le peuple tout entier autour du nouveau roi.

En outre, cette mise en scène publique permettait de revendiquer une ascendance divine. Les chefs devenaient les intermédiaires directs avec les puissances de l’au-delà. Par conséquent, ils s’assuraient une soumission totale et incontestée de leurs sujets.

Une révélation majeure sur les méthodes de gouvernance politique des premières dynasties d’Amérique centrale

L’étude de la revue scientifique Ancient Mesoamerica offre un éclairage inédit. En effet, elle prouve la grande ingéniosité des élites d’autrefois. Celles-ci utilisaient l’écriture comme un puissant outil de propagande. Cette pratique existait dès les prémices de leur domination.

Ces données ouvrent donc de nouvelles pistes de recherche historiques. D’ailleurs, d’autres fouilles archéologiques s’avèrent nécessaires prochainement. Elles permettront de vérifier l’étendue de ces mécanismes de légitimation. Finalement, cette stratégie englobait peut-être déjà toutes les cités-États voisines.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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