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Nouvelle et dernière avancée d’une petite série de réformes voulues par le prince Mohammed ben Salman : les Saoudiennes ont désormais le droit de voyager à leur guise, sans avoir besoin de l’accord d’un“gardien” de sexe masculin. 

Une interdiction enfin levée

Le 2 août 2019, l’Arabie saoudite a mis un terme à l’interdiction qui était alors adressée aux femmes saoudiennes. Jusqu’alors, elles avaient interdiction de voyager seules, sans autorisation préalable de leur mari ou d’un parent proche masculin. C’est une nouvelle autorisation dans un pays qui est toujours très conservateur et qui ne donne qu’une infime quantité de libertés aux femmes. Néanmoins, cette réforme fait suite à l’autorisation donnée aux femmes de conduire, il y a de cela deux ans.

Concrètement, la nouvelle série de décrets qui a été publiée dans le journal local explique que n’importe quel individu âgé d’au moins 21 ans, féminin ou masculin, qui fera la demande d’un passeport verra sa demande examinée. Les femmes pourront alors bénéficier d’un passeport et voyager à l’étranger sans avoir besoin de l’accord d’un “gardien” de sexe masculin. Le système du pays, qui considérait alors les femmes comme des “mineures” à vie, d’un point de vue juridique, semble prendre une nouvelle voie.

Khobar, en Arabie saoudite

Une mesure qui est la bienvenue pour de nombreuses associations

Plusieurs journaux et associations, comme la Saudi Gazette, un média anglophone, se sont félicités de l’annonce de cette nouvelle mesure. Pour eux, c’est un “pas de géant pour les femmes saoudiennes”. Globalement, il faut rappeler qu’au cours des derniers mois, plusieurs jeunes femmes du pays, en réponse aux mauvais traitements qu’elles subissaient de la part de leur famille et de leur entourage, ont essayé de fuir le pays. Plusieurs d’entre elles ont réussi, en déjouant la surveillance de leur “gardien” qui, selon elles, prenait un rôle de plus en plus étouffant. On peut citer le cas de Rahaf Mohammed al-Qunun, une jeune femme de 18 ans qui a récemment obtenu l’asile au Canada.

Ce n’est pas tout, puisque cette série de mesures annoncées ouvre la voie à d’autres avancées : les femmes auront désormais l’occasion d’enregistrer une naissance, un mariage ou un divorce, mais également de demander l’autorisation pour obtenir des documents familiaux officiels. Plus que jamais, le pays est sur la voie d’une libération des mœurs, vers une optique beaucoup moins conservatrice.

Cependant, il ne faut pas oublier la dure réalité qui peut régner dans ce pays. Beaucoup d’interdits subsistent, notamment en matière de droits humains. À titre d’exemple, 11 militantes, qui s’étaient insurgées contre le fonctionnement de la société saoudienne reposant sur des gardiens masculins, sont toujours en phase de procès. Évidemment, pour le président, impossible d’aller plus vite dans les mesures, sans froisser la partie radicale de ses soutiens. Rappelons également que cette ouverture de droits pour les femmes repose aussi sur un aspect économique, avec un pays qui a besoin de main-d’œuvre, là où seulement 20 % des femmes travaillent, pour 60 % de diplômées. Le président l’a annoncé, l’objectif des prochaines années est de monter à 30 %… 

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