champignons
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De nouvelles recherches indiquent que les champignons ont commencé à produire les enzymes nécessaires à la synthèse de la psilocybine, substance hallucinogène, il y a près de 70 millions d’années. À ce stade, les raisons d’une telle trajectoire évolutive restent obscures.

Aux origines de la psilocybine

À ce jour, environ 165 espèces différentes de champignons Psilocybe ont été identifiées. En dépit de la popularités de telles espèces fongiques, consommées pour leurs effets psychotropes depuis des milliers d’années et constituant aujourd’hui des alternatives thérapeutiques sérieuses, il a fallu attendre 2017 pour que les gènes impliqués dans la biosynthèse de la psilocybine soient identifiés.

Il s’avère que le composé est synthétisé par un quatuor d’enzymes constituées de groupes de gènes biosynthétiques (BGC), qui convertissent l’acide aminé tryptophane en psilocybine. Jusqu’à présent, les chercheurs n’avaient identifié ces structures que dans cinq espèces différentes de Psilocybe, ce qui rendait difficile le suivi de leur évolution.

Un problème récemment résolu via la comparaison des génomes de 71 espèces de champignons, ayant permis la création d’un arbre phylogénétique détaillé.

psilocybine
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Publiés dans la revue PNAS, ces travaux ont permis d’établir que les BGC étaient apparus il y a environ 67 millions d’années, impliquant que les champignons hallucinogènes aient existé pendant les derniers millions d’années de l’ère des dinosaures. D’après les analyses des chercheurs, la psilocybine est d’abord apparue chez des champignons colonisant le bois, puis a été transférée à des espèces poussant dans le sol et aux excréments d’animaux.

Une fonction écologique obscure

Malgré les effets profonds de la psilocybine sur la cerveau humain, il apparait clairement que les « champignons magiques » sont très largement antérieurs à nos premiers ancêtres. Étant donné le faible nombre d’animaux observés en train de consommer des champignons, il est également peu probable que cette substance était initialement destinée aux reptiles géants préhistoriques.

À l’heure actuelle, l’hypothèse la plus plausible est que ce composé hallucinogène constitue une défense chimique visant à repousser les insectes. Toutefois, au fil des années, de nombreuses observations de spécimens s’attaquant à ces champignons ou y pondant leurs oeufs ont été rapportées.

S’il n’est pas impossible que les insectes aient développé une certaine immunité à la psilocybine, davantage de recherches se révéleront nécessaires pour établir sa véritable fonction écologique.

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